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Episode 12 : « Ta vie avec » La transidentité

Episode 12 : « Ta vie avec » La transidentité

Bienvenue dans « Ta vie avec »

Le podcast où on parle de différence. Aujourd’hui, on parle de la transidentité avec Lille du podcast et compte instagram @Intimatopia.

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Retranscription Épisode 12


Bon matin et bienvenue dans Ta vie avec, le podcast où on échange sur nos différences. Je suis Leïla Kadi Louche, coach de vie certifiée et accompagnatrice au changement. On se retrouve pour l’épisode 12 avec Lille sur “Ta vie avec la transidentité”.

LKL : Bonjour Lille.

L : Bonjour Leïla

LKL : Est-ce que tu peux te présenter s’il te plait, pour les personnes qui ne te connaissent pas ?

L : Oui, bien sûr. Je m’appelle Lille Clerence, j’ai 30 ans et je suis metteur en scène et là, depuis quelques mois, je viens de lancer une activité où j’aide les personnes créatives à assumer qu’elles sont des artistes.

LKL : Merci d’être là. Tu es là aujourd’hui avec moi -virtuellement parce qu’on n’est pas sur le même continent-, pour parler de la transidentité. 

L : oui

LKL : Et expliquer aux gens qui ne connaissent pas. Ce sera vraiment un épisode de vulgarisation. Alors, il y a peut être des personnes militantes qui vont nous écouter, donc c’est vraiment un épisode de vulgarisation pour les personnes qui ne connaissent rien à la transidentité. Qu’est ce que la transidentité ?

L : La transidentité, c’est le fait de ne pas se reconnaître dans le genre qui nous été assigné à la naissance. Donc en gros dans la société, il y a quelque chose qui s’appelle le genre. Et en gros le genre, c’est toutes les caractéristiques non biologiques qu’on attribue à ce qu’on appelle les hommes et les femmes. Donc par exemple on va dire que les femmes sont douces, elles sont attentionnées. Quand on parle de féminin sacré, ça peut aussi renvoyer à ça. Et on va dire que les hommes c’est plutôt l’action, c’est plutôt le bleu. Toutes ces choses qui font que quand un enfant va naître avec un pénis, on va dire c’est un petit garçon et quand il va naître avec un vagin, on va dire c’est une femme. Mais c’est pas seulement le fait de naître avec un pénis ou un vagin, c’est tout ce qui va découler en terme de socialisation de cette assignation. Par exemple, quand tu va naître avec un vagin, on va beaucoup te répéter « tu sais, il faut être gentille, prends pas trop de place » alors que quand tu nais avec un pénis, on va te dire  » arrête de pleurer  » des choses comme ça.

LKL : Du coup tu as été assigné de part ton sexe biologique, organique, comment on dit ?

L : Oui c’est ça, on peut dire sexe biologique. Après, il y a toute une question autour des personnes intersexe. Mais comme je ne suis pas concerné, je n’ai pas envie d’en parler aujourd’hui. Mais, il y a aussi des personnes qui naissent avec un sexe qui n’est pas identifiable clairement et ça donne lieu à des violences médicales dont les personnes intersexe parlent beaucoup mieux que moi. Moi, je suis né avec ce qu’on appelle des attributs féminins dans le jargon médical donc ça veut dire que je suis né avec un vagin.

LKL : Du coup tu es un garçon, un homme qui est né avec un vagin.

L : oui 

LKL : Comment tu – je ne trouve pas la bonne formulation – ce qui me vient, c’est tu t’es rendu compte mais c’est pas la bonne formulation …

L : Nan mais si, c’est bien parce que c’est vraiment comme ça que ça s’est passé pour moi. Il y a des personnes trans qui le savent depuis toujours. Moi j’ai toujours su qu’il y avait un problème, mais je ne savais pas ce que c’était. J’ai toujours su que je n’étais pas une fille mais je savais pas que c’était possible d’être autre chose. Du coup au fur et à mesure que j’avançais en âge, je me suis dis “bon bah toutes les personnes, toutes les femmes elle doivent ressentir à peut près la même chose, ne pas se sentir vraiment femme, et puis voilà, je vais avancer comme ça”. Et après, j’ai découvert que la transidentité existait et que c’était possible, qu’il y avait certaines personnes qui revendiquaient le fait de ne pas se reconnaître dans le genre qui leur avait été assigné à la naissance et qui opéraient ce qu’on appelle une transition. Et cette transition elle peut être juste sociale comme c’est mon cas, c’est à dire juste dire “à partir de maintenant, je veux qu’on m’appelle avec un prénom qui est comme ça et je veux qu’on me genre au masculin, je veux qu’on me dise il et pas elle”. Après, on peut pousser la transition jusqu’au fait de changer physiquement d’apparence, donc ça peut passer par le fait de se couper les cheveux – ça je l’ai fait – ça peut passer par le fait de se faire enlever les seins, ou de se faire rajouter des seins si on fait dans l’autre sens.

LKL : Ma question elle est … Mais avant je pense qu’il faudrait qu’on définisse un terme qui est  cisgenre pour les personnes qui ne savent pas ce que c’est.

L : Et en plus il faut que je te réponde à la question de comment je m’en suis rendu compte. En fait moi ça s’est passé en 2016, aux alentours de 2016, puisque je fais ce qu’on appelle du jeu de rôle grandeur nature. En fait c’est des personnes qui se réunissent pour jouer des rôles entre elles, c’est comme du théâtre, sauf qu’il n’y a pas de public. Et là on a fait une série de jeux rôles où j’ai été amené à jouer des personnages masculins et je me suis rendu compte notamment sur un des jeux, qu’à la fin je n’avais pas envie de revenir à la normale. A la normale, qui n’était pas normale en fait. Et c’est là que j’ai commencé à me dire “ non, mais il y a quelque chose, il y a quelque chose qui me parle là dedans, dans le fait de me genrer au masculin”. Parce qu’en plus, je n’avais pas fait de grand efforts en termes de travestissement pour ce rôle là. Et juste, tout le monde m’avait genré au masculin pendant une semaine et je me suis rendu compte que c’était là dedans que je me sentais bien. Que je me sentais bien quand on me genrait comme ça. 

LKL : Là où tu étais vraiment toi en fait.

L : Oui c’est ça exactement. Donc pour faire des petits termes, tu as parlé de cisgenre. Être cisgenre, c’est le contraire d’être transgenre. Moi je suis transgenre, ça veut dire que je ne me reconnais pas dans le genre qui m’a été assigné à la naissance. Et être cisgenre, c’est se reconnaître dans le genre qui nous a été assigné à la naissance. Si on t’as dis à la naissance que tu étais une femme et que tu te reconnais là dedans, alors tu es cisgenre.

LKL : Du coup la majorité de la population est cisgenre mais ne sais pas qu’elle est cisgenre.

L : Oui, c’est ça, exactement. La plupart des gens sont cisgenre effectivement.

LKL : Enfin ça après ça peut amener à débat parce qu’il y a du conditionnement social, mais on va dire ça pour cet épisode là. La question que je voudrais te poser c’est comment on fait ? Peut être qu’il y a quelqu’un qui nous écoute qui savait pas que c’était possible, qui ne savait pas ce que c’était la transidentité et qui se dit “mon dieu, c’est ça que je ressens”. Oui, ok c’est très bien, il y a un mot qui est posé dessus mais comment on fait et où est ce qu’on peut trouver du soutien, de l’aide, de l’information et surtout c’est quoi les étapes, qu’est ce qu’il y a ?

L : Bien sûr . Si auditeur ou auditrice de ce podcast tu t’es reconnu là dedans, moi je pense que la première étape c’est de se renseigner. C’est à dire de se renseigner sur ce que c’est parce que là on va donner un aperçu mais il y a plein de vécus différents. Et le mien n’est pas du tout celui des autres personnes trans. En fait il y a milles vécus, je pense que chaque personne trans a son propre vécu. Après bien sûr il y a des choses qu’on peut identifier qui semblent appartenir au parcours de la majorité des personnes. Mais je pense que la première étape, en tout cas pour moi ça a été de me renseigner et de voir si mon parcours faisait écho à celui d’autres personnes trans. Et le mieux pour ça à mon avis c’est de se renseigner auprès de groupes militants, des groupes facebook, ou si vous avez dans votre ville des associations. Des associations militantes, il y en a dans toutes les grandes villes de France. Ça peut être aussi des personnes de votre entourage qui se définissent comme trans à qui vous pouvez aller poser des questions. Il y a aussi des youtubeurs et youtubeuses, des personnes publiques. Sûrement qu’elles vous répondront si vous leur écrivez sur cette question là. En général ce sont des personnes militantes. Et vous pouvez aussi venir m’en parler à moi aussi si vous voulez. Parce que j’ai un instagram, donc n’hésitez pas, si c’est quelque chose dans lequel vous vous reconnaissez. 

LKL : On peut venir te parler sur ton instagram …

L : @intimatopia oui.

LKL : Super. Est ce que tu peux me dire toi, ta transition comment tu l’as vécue, comment ça s’est passé pour toi ?

L : Dans mon expérience à moi, ça a d’abord été une confrontation – parce que là quand je te parlais du jeu de rôle que j’ai joué ou je me suis dit “il y a vraiment quelque chose”, j’avais déjà commencé un chemin. Et c’était vraiment quand j’ai commencé à réaliser ce que c’était le genre. Moi c’est vraiment parti de ça et de me rendre compte parce qu’il y avait déjà un terrain. Un terrain de questionnement pour moi – là où il y a des gens qui vont découvrir leur orientation sexuelle en étant confronté à l’idée qu’ en fait l’hétérosexualité c’est pas une évidence – pour moi ça a été : le genre ce n’est pas une évidence. C’est pas parce qu’on m’a dit toute ma vie que je suis une fille que j’en suis une. Et ça, ça a été pour moi vraiment la phase la plus longue parce que ça a été peut être deux ans de recherche et de me dire “mais donc je ne suis pas le seul, je ne suis pas le seul chez qui ça cloche”. Et donc, je m’étais intéressé à tout ce qui était parcours non binaire qui sont des personnes qui du coup ont cette critique et ce recul vis à vis du genre et qui essayent de créer de nouveaux espaces pour le genre. Là, j’en parle avec mon positionnement qui n’est plus non binaire, donc je dis sûrement des choses qui ne sont pas exactes. Mais d’après ce que j’ai compris, il y a vraiment ce truc de se sentir pas dans la bonne case et de se dire “mais il n’y a pas de case pour moi en fait”. Les cases fille ou garçon, elles ne me correspondent pas.

LKL : Ici, au Québec en tout cas, le genre non binaire ça s’appelle le troisième sexe. En tout cas chez les premières nations, il y a un troisième genre en fait.

L : Oui ça en effet j’en avais entendu parler qu’il y a des cultures où c’est complètement reconnu en fait.

LKL : Et c’est vrai que quand moi je suis arrivée ici c’est quelque chose qui m’a surprise. Donc moi je suis cisgenre, j’ai découvert la transidentité extrêmement tard. Je ne savais pas qu’il y avait des personnes qui ne se reconnaissaient pas dans le genre qui leur était assigné à la naissance. Et du coup quand je suis arrivée ici, je savais ce que c’était la transidentité, j’avais une vague idée de ce que pouvait être la non binarité mais, je ne savais pas que ça pouvait être dans certaines cultures un troisième genre. Et c’est là qu’on voit bien que le genre c’est un concept complètement sociétal.

L : Complètement, c’est ça. En fait c’est vraiment pas une évidence justement. C’est à dire qu’il y a des cultures qui font d’autres choix, qui décide que non il y a une place – et je crois même qu’il y a des cultures qui ont six genres, ou il y en a beaucoup plus que deux. Et c’est vrai que nous c’est très restreint en fait. Deux genres seulement, c’est rien. C’est très très très très peu. Et je vois bien l’intérêt en terme social que ça peut avoir puisque du coup il y a cette idée : on fait des mariages, on a pour but la reproduction. En termes de contrôle social c’est très efficace. Par contre en termes de réalisation individuelle, d’expression du plein potentiel c’est plus compliqué. Pour moi, ça va j’ai de la chance, j’ai vraiment découvert mon genre à travers ce qu’on appelle l’euphorie de genre et pas la dysphorie. Puisque même si j’ai toujours ressenti un malaise vis à vis du fait d’être nommé femme, c’était pas une souffrance indicible et horrible pour moi.

LKL : ok

L :Il y a des personnes trans pour qui c’est une souffrance dès petit, ou petite, qui vont mal le vivre jusqu’à ce qu’ils apprennent, ou qu’elles apprennent qui elles sont quoi. 

LKL : Du coup est ce que tu peux nous définir …

L : dysphorie et euphorie ?

LKL : Oui s’il te plait.

L : La dysphorie de genre, c’est en gros la douleur ou la souffrance qu’on ressent à voir qu’il y a un décalage entre comment on s’identifie et comment on nous identifie. Et donc ça, ça peut passer pas le corps, ça peut passer par la façon dont on va s’adresser à nous. Moi par exemple, j’ai de la dysphorie de genre depuis que j’ai réalisé que j’étais trans. C’est à dire que maintenant quand on me dit elle, au lieu de il, j’ai de la dysphorie. Alors qu’avant non. C’est vraiment le fait de reconnaître pour moi même ce genre là, qui en fait m’a exposé à ce truc là. Alors qu’avant, je ne le ressentais pas. Mais il y a des personnes chez qui ça se manifeste très tôt et moi je pense notamment à plein de mecs trop bien où c’est à la puberté. Il y a quelque chose qui se passe à ce moment là, parce qu’ils commencent à avoir leurs règles, à avoir les seins qui poussent et ils se disent “mais qu’est ce que c’est que ça ? C’est pas normal !”. Et c’est parce qu’en fait ça leur renvoie l’image, parce qu’en fait on a tous cet imaginaire que les seins et les règles c’est féminin et du coup quand ils voient que leurs seins poussent et qu’ils ont leurs règles, ils se disent “mais attend, c’est pas normal, il y a un truc qui ne va pas”.

LKL : Pourtant on peut être un homme et avoir ses règles.

L : Complètement. Mais c’est vrai que pour pas mal de gens, comme ça fait appel au symbole, à l’imaginaire, c’est ça qui va nous heurter en fait, c’est ce qu’on associe à ça. 

Et l’euphorie de genre, c’est le contraire. Moi je préfère me dire que  j’espère une société où, on pourra vraiment plutôt rechercher l’euphorie que soigner la dysphorie. Parce que moi, je sais que c’est vraiment le fait d’avoir été heureux pendant une semaine d’avoir été appelé “il”, qui m’a fait du bien et qui m’a fait dire “mais en fait je suis un mec”.

LKL : C’est pour ça que j’aime bien ton parcours. Il faut parler de la souffrance des personnes en transition, de la dysphorie bien entendu. Mais je veux montrer que c’est pas obligé que ce soit que dans la souffrance, ça peut être dans l’euphorie aussi.

J’aimerai bien qu’on parle, d’un sujet qu’il est important pour moi d’aborder mais qui n’est pas super drôle, qui est la violence faite aux personnes trans. Malheureusement, les chiffres sont catastrophiques, c’est quelque chose qui aujourd’hui dans notre société soit, est nettement mis à l’écart est tû et caché, soit extrêmement violentisé. Tu vas en parler mieux. Je veux bien que tu m’expliques à moi aussi, parce que tu sais que j’ai du mal à comprendre la violence faite aux personnes trans.

L : Je sais. 

LKL : Et aussi, si on est une personne trans qui est au début de sa transition, qui n’est pas forcément au courant de tout ça, comment on se protège ?

L : Il y a beaucoup de questions dans ta question. Je vais essayer de le faire dans l’ordre. La première chose c’est que je vais parler de mon parcours de mec trans. Je sais que ce que subissent les femmes trans est différemment violent, puisque s’associe à la transphobie qu’elles vont subir, la transmisogynie qui est vraiment le fait que des personnes qu’on identifie comme mec font un chemin vers la féminité, ce qui donne lieu à des violences très spécifiques puisqu’en fait il y a cette idée que ces personnes renoncent à leurs privilèges et ça c’est quelque chose d’insupportable pour plein de gens dans la société. Et nous les mec trans, on va subir un truc qui est très proche de ce que vont subir les femmes lesbiennes, c’est à dire de l’invisibilisation. Là où les femmes trans vont subir une énorme violence et vraiment une violence physique, verbale très forte, nous on va être invisibilisé, comme si notre histoire n’existait pas. Quand on pense à la transidentité et aux transgenre, ce qui vient à la tête des gens c’est des femmes trans. Dans plein de cas c’est ça qui vient, en fait c’est une image qu’on en a. Les hommes trans n’existent pas. Et d’ailleurs pendant longtemps, je savais que des femmes trans existaient, et je n’avais jamais eu l’idée que des hommes trans puissent exister. C’était impossible pour moi d’imaginer ça. Et c’est parce qu’en fait nos parcours à nous sont invisibilisés. C’est comme quand on pense homosexualité, on pense un homme homosexuel, on ne pense pas à une femme homosexuelle. C’est en train de changer, c’est très bien. Du coup, c’est pas les mêmes violences qu’on subit. Je sais que moi, juste on va jamais me genrer bien. Alors c’est violent, bien sur, puisqu’on me nie mon identité mais du coup c’est ça la violence que je vais subir en majorité. Alors que des femmes trans, meme un mec qui met une robe, on va le genrer au féminin même si il demande à pas l’être. Bilal Hassani c’est un mec, il se définit comme mec, et il subit des violences incroyables juste parce qu’il porte des perruques quoi.Alors voilà, c’est pas la même violence. Mais n’empêche que l’invisibilisation c’est quand même douloureux parce que “ce que tu vis n’existe pas, et donc ce que tu ressens n’est pas légitime et tu resteras toujours une meuf à mes yeux”. Et donc ça c’est extrêmement violent parce que du coup on en vient nous même à se dire “c’est peut être moi qui ai un problème”. Et on rentre dans un truc qui est hyper toxique pour nous même et qui est hyper douloureux. Mais moi tu vois regarde, l’autre jour il n’y a même pas longtemps me dire “au fait je voulais t’informer, t’es une femme, j’espère que tu le sais”.

LKL : C’est tellement violent !

L : Et c’est vraiment dans le seul but de me nuire quoi. C’est dans le seul but de me refuser l’accès à la classe des hommes. Me se refuser l’accès à sa classe à lui. Moi c’est vraiment comme ça que je l’ai vécu de sa part à lui et quand c’est une femme c’est “reste avec nous”. Donc il y a l’idée qu’on devrait rester d’un côté ou ne pas accéder à l’autre partie. Et pour moi, tout le temps cette violence là, elle parle de comment les gens ressentent le féminin et le masculin et comment ils te ressentent eux. C’est vrai qu’on me ressent masculin et féminin et cette hybridation, il y a des gens qui la vivent comme insupportable.

LKL : Je comprends oui. Enfin, on en a déjà pas mal parlé, tu connais ma position sur la chose. Moi, quand j’ai découvert la transidentité, toutes les violences faites aux hommes trans et aux femmes trans, j’ai été dans un incompréhension complète et une énorme colère parce que, qui est mieux placé que la personne qui vit pour connaitre son genre? Et il est pas obligé d’être fixe en plus – donc ça c’est un autre podcast avec quelqu’un d’autre – et quand bien même la personne est femme un jour et homme un autre jour, c’est sa vie, ça la regarde, et voilà, et nous le job de chacun, c’est juste de demander quels pronoms on doit utiliser. C’est vrai que c’est une réelle incompréhension pour le coup, pour moi parce que … Enfin tu parles de cette personne qui vient te dire “tu sais que tu es une femme” en quoi cette personne, elle sait mieux ton expérience de vie et là où toi tu te sens bien? Après, ça vient probablement heurter des choses chez elle. C’est important aussi je pense d’expliquer, que le genre c’est un spectre. Je te laisse l’expliquer.

L : En fait, si on imagine le genre comme quelque chose qui irait d’homme à femme et on aurait d’un côté l’image que vous avez de l’hyper femme d’un côté et l’image que vous avez de l’hyper homme de l’autre et que ne pouvait se genrer femme ou homme que les personnes qui sont aux extrémités du spectre. Du coup, c’est assez net de se dire qu’il y a plein de gens qui ne vont pas se sentir dedans, qui ne vont pas se sentir dedans, quel que soit l’endroit où ils se retrouvent dans la polarité. On peut refuser ce spectre, on peut se dire “moi je ne suis pas dedans”, on peut se dire “moi je suis au milieu”, on peut se dire “moi je suis plutôt de ce côté là”. Et tout cela, en fait n’a rien à voir avec les organes avec lesquels on est né. Je vous invite à aller regarder quelque chose qui s’appelle « la licorne du genre », qui est un exercice assez chouette à faire et ceci qu’on soit une personne trans ou cis, ça ne change rien du tout. C’est toujours intéressant à faire parce qu’on se rend compte souvent, que c’est beaucoup moins clair, même pour les personnes hyper cis, hyper hétéro, parce que on a tendance à associer les deux alors que pas du tout. On peut être cis et homosexuel, on peut être trans et hétéro, ça n’a aucun rapport l’un avec l’autre. Mais en fait, allez regarder « la licorne du genre », ça nous aide à aller nous positionner et à se dire: “ok, à quel degré je me sens homme ? À quel degré je me sens femme ? À quel degré je me sens entre les deux ?” Et c’est intéressant de commencer à se poser ces questions là, parce qu’on voit bien à quel point ce sont des représentations, ce sont des choses auxquelles on s’identifie, et en fait ça nous appartient, c’est vraiment très intime. 

LKL : Complètement. Et c’est hyper intéressant à faire en effet, même si vous êtes comme moi, cisgenre, parce que ça vous permet de mieux vous connaître et de mieux accepter autant votre part féminine que votre part masculine. Parce que on n’est pas totalement féminin ou totalement masculin, on navigue sur le spectre. J’aimerai bien qu’on fasse un petit guide de bonne conduite de la personne cisgenre, donc pour les personnes qui viennent de découvrir, ou qui ont peut être déjà entendu parler, -mais après la représentation dans les médias elle fait un peu peur-, des personnes trans. Comment on fait pour savoir si la personne qu’on a en face de nous, qu’on ne connaît pas, c’est un homme ou une femme ?

L : Je vais répondre à ta question mais je me souviens qu’à un moment tu as demandé, comment les personnes trans peuvent se protéger? Du coup, ça me fait écho à cette question là, alors je vais d’abord répondre à celle là et après je parlerai aux personnes cis, si ça te vas. 

LKL : Oui bien sur. 

L : Comment se protéger quand on est une personne trans et qu’on est agressé ? Quand on est agressé, on est déjà dans un stade où on est en situation d’agression. Dans ces cas là, la façon dont on va se protéger elle est liée à des réactions très instinctives et je pense que je ne suis pas du tout habilité à répondre sur cette question. Par contre, comment se protéger en amont, pour moi, il y a vraiment un enjeu sur « quelle place on se donne? », « comment on se respecte soi même? » et « quelles limites on donne aux autres? ». Donc là je vais vous inviter à vous renseigner, notamment sur le podcast de Brooke Castillo qui s’appelle XXX. Et il y en a un qui a été vulgarisé en français. Je ne sais pas si esther en avait un, il me semble que oui, qu’elle en a fait un sur « les limites ». Mais en tout cas, dans la gestion des limites avec l’autre et les choses qu’on considère comme des choses qui ne peuvent nous être retirées, qui sont importantes pour nous. Et moi je sais que quand je rentre en contact avec une personne, je vais dire très vite “je suis un garçon trans, mes pronoms c’est il…”. Et si la personne me mégenre une fois, deux fois, on peut se tromper – en tout cas avec moi, on peut se tromper beaucoup et il n’y a pas de souci – par contre si je sens que la personne en face ne considère pas du tout que c’est important pour moi et n’a pas de respect pour cette partie de moi alors je n’ai aucun problème à la reprendre une fois, deux fois, mais après je coupe les ponts. Parce que c’est trop important pour moi pour que je puisse accepter cette violence là dans ma vie. Donc ça c’était pour la protection. 

Pour la question, si on est face à une personne et qu’on ne sait pas comment la genrer. Le mieux c’est tout simplement de lui demander ses pronoms. Alors vraiment très rare sont les personnes trans qui se sentiront agressées que vous leur demandiez leurs pronoms. La plupart d’entre nous, on va prendre ça comme de l’attention, comme quelque chose qui est dirigé vers nous et dans le but de bien faire. Donc si vous avez peur de heurter la personne en lui demandant ça, en fait ça veut dire que vous êtes gentil, ça veut dire que vous êtes dans l’empathie et ça veut dire que vous êtes dans un endroit juste. Franchement c’est très rare les personnes qui seront heurtées de ça. Moi j’ai l’espoir que ça devienne quelque chose de normal comme dire bonjour.

LKL : “Bonjour, comment ça va ? Quels pronoms je dois employer avec toi ?”

L : Oui, exactement. D’ailleurs quand on prend rendez vous avec moi pour un coaching, et s’il y a des coach qui nous écoutent, je les invite à le mettre dans leurs formulaires. Puisque moi c’est ce que je fais. Quand on s’inscrit pour avoir un coaching avec moi, je demande les pronoms.

LKL : Ici, ça me fait penser à ça, ici au Québec, dans tous les formulaires administratifs officiels ou le sexe est demandé, c’est écrit, femme, homme, non binaire. 

L : En France, il y a des groupes qui commencent à se mobiliser pour que la mention de sexe soit retiré de l’état civil. Je trouve que c’est intéressant. Il y a aussi des personnes qui militent pour l’acceptation d’un troisième genre. C’est des mouvements auxquels je m’intéresse et je trouve ça cool qu’il y ait ce genre d’initiatives. 

LKL : Tu nous a expliqué la violence quand des personnes se trompent, mais il y a aussi la violence dès que tu dois faire une démarche administrative.

L : Alors là. C’est vrai que j’ai parlé de la violence interpersonnelle mais je n’ai pas parlé de la violence systémique qui fait que par exemple, là encore, je suis obligé encore quand je dois commander même un billet de train, je dois utiliser un nom dans lequel je ne me reconnais plus, des pronoms que je ne reconnais plus, cocher Madame, enfin c’est insupportable. C’est vraiment insupportable. Mois j’ai commencé des démarches de changement de prénom et le changement de sexe j’y suis pas encore. Parce que en France encore tout est psychiatrisé, tout le parcours, il faut qu’on ait l’aval d’un psychiatre, puis d’un endocrinologue, en fait c’est très médicalisé. Donc, tu vois tout ce que je disais tout à l’heure sur l’euphorie, c’est pas du tout ce qui est mis en avant en France, pas du tout.

LKL : On soigne vraiment la souffrance de dysphorie. Après, ça ne me concerne absolument pas mais de ce que j’avais lu, des témoignages que j’ai lu, même pour des personnes qui sont en extrême dysphorie, en extrême souffrance, c’est un parcours qui est bien pris en charge. C’est un combat de tous les jours.

L : Oui c’est vraiment un combat et je pense que c’est pour ça qu’il y a autant de personnes trans qui sont militantes pour l’assouplissement du genre. Parce que c’est tellement violent que ça fait souffrir. C’est à dire que le genre est une structure tellement violente symboliquement que du coup quand on ne se sent pas à sa place dans le genre qui nous a été assigné à la naissance, c’est soit on passe de l’autre côté, soit on souffre. Et en fait même en passant de l’autre côté, on peut continuer à souffrir.

LKL : Du coup j’en profite pour placer une information dont je t’avais parlé, avant d’oublier. Au Québec, il y a la possibilité d’avoir des médecins un peu plus conscientisés sur la transidentité et d’y accéder par un parcours privé. Et même si vous êtes en France, ou résident français, du moment que vous payez – puisqu’on est dans un système extrêmement capitaliste – il n’y a pas de problème. Ça coûte très cher, mais je le place pour les personnes qui financièrement auraient les moyens parce que ce n’est pas du tout le même fonctionnement qu’en France. Il ne faut pas avoir la sécurité sociale québécoise, c’est extrêmement différent. Et vous pouvez complètement partir au québec faire votre suivi, la transition médicale, pas mal de choses. Ou alors si c’est un point sur un spécialiste, le voir même de France même en visio, du moment que vous payez, il n’y aura aucun problème.

L : C’est vraiment top. Parce que là par exemple, je vais bientôt me faire enlever mon stérilet que j’ai mis avant de faire ma transition et je pense que je ne vais pas oser dire que je suis un mec trans parce que j’ai trop peur, j’ai trop peur de la violence que je pourrais subir. Donc ça c’est vraiment le quotidien d’une personne trans : A qui on le dit ? Est ce que ça se voit ? Est ce que je suis en danger si je sors dans la rue ? C’est vraiment ça quoi. 

LKL : On parlait tout à l’heure de l’administration. Et donc j’aimerai bien, si tu peux nous définir, si on continue le petit guide de la personne cisgenre, ce que c’est qu’un « dead name » ? Est ce qu’on peut demander à une personne transgenre son « dead name » ?

L : Alors un « dead name » ou un « morinom » – j’aime bien le mot français c’est pour ça que je le dis – c’est un nom que t’on donné tes parents à ta naissance, en tout cas en général c’est comme ça que ça se passe, c’est le nom de naissance. En tout cas, c’est le nom qu’on avait avant de transitionner. Il y a des personnes trans, elles sont extrêmement rares, qui partagent leur « morinom ». La plupart ne le partagent pas. Et pour la plupart des personnes trans, c’est une souffrance que d’être rappelé à son nom de naissance. Donc non, ne demandez jamais à une personne trans son nom de naissance ou son « morinom », enfin c’est la même chose. Ne lui demandez pas ça. C’est normal d’être curieux, on peut être curieux, mais en fait retenez vous. C’est comme plein de choses, des fois on a envie de voir, il ne faut quand même pas y aller, parce qu’en fait ça va faire mal à quelqu’un. Et vraiment demander le nom de naissance, pour l’immense majorité des personnes trans, ça peut faire vraiment mal. C’est une intrusion. C’est comme si je vous demandais dans la rue, t’as quoi entre les jambes. C’est quelque chose de très intime, on ne fait pas ça. Ou c’est quoi le nom de la personne avec qui tu as couché la première fois, comme ça dans la rue. Ça n’a aucun sens.

LKL : C’est vrai que ça n’a aucun sens. Quand on découvre la transidentité, qu’on ne comprend pas forcément les enjeux qu’il y a pour une personne trans, c’est des choses qu’on peut être tenté de demander et c’est important de faire de l’éducation là dessus. 

L : Bien sûr !

LKL : On ne demande pas “comment tu t’appelais avant” à une autre personne. Par contre je pense que tu peux dire comment tu trouves ton vrai prénom ?

L : Comment on trouve son vrai prénom ? Alors, je ne peux parler que de comment moi j’ai trouvé. Mon prénom c’était vraiment à la fois le fait que je voulais un prénom qui soit proche de mon nom de naissance. Je voulais aussi un prénom qui face référence aussi à l’idée de l’île parce que c’est une image importante pour moi, à laquelle je me sens très associé. Et il y avait aussi le côté un peu rigolo d’avoir le nom d’une ville. Parce que c’est vrai que je trouve que les villes, elle n’ont pas du tout de genre. Et donc quand on a une ville, on pourrait à la fois parler de masculin et de féminin. Il y a quelque chose de très hybride dans une ville. Et du coup, ça me parlait à ce moment là d’avoir un prénom assez neutre. 

LKL : Merci. Une autre question du petit guide de bienséance des personnes cisgenre envers les personnes transgenre : Est ce qu’on a le droit de demander si tu as fait ta transition au complet, si tu prends des hormones, si tu t’es fait enlever les seins, si ça ne se voir pas, si tu t’es fait opéré, une vaginoplastie ?

L : En général, moi je pense que dans la plupart des cas, si vous avez un doute sur à quel point une personne est en transition hormonale ou chirurgicale, c’est sûrement que c’est quelque chose qu’elle même vit comme quelque chose qui pose un doute. Donc ça veut dire que si vous l’ abordez avec elle, vous la renvoyer au fait que c’est pas clair. Et souvent quand on fait une transition chirurgicale et hormonale ce qu’on ne veut surtout pas, c’est que la personne en face doute. Donc ça veut dire que même le fait que la question soit posée renvoie à une incertitude et peut être douloureuse. Et moi je sais que par exemple, dans mon rapport à ça, pour l’instant je n’ai pas prévu de faire de transition physique et chirurgicale et hormonale mais quand on me le demande, pour moi ce qu’on me demande c’est “est ce que tu va être un vrai garçon ?” C’est ça la question qu’il y a derrière en fait. Et pour moi dans la plupart des cas la question qu’il y a derrière c’est ça : “est ce que tu veux devenir un vrai garçon, une vrai fille”. Et en fait quand vous dites ça, vous parlez de vous. C’est de vous que vous êtes en train de parler quand vous dites ça et la personne en face elle n’a peut être pas la même vision de ce que c’est un vrai garçon ou une vraie fille. Et en faisant ça, vous êtes en train de lui dire “tu n’est pas un vrai garçon ou une vraie fille” et ça peut être très violent. Et ensuite on peut en venir exactement à la même chose que tout à l’heure. C’est à dire que c’est extrêmement intime. Moi je ne vais pas demander aux gens, “vous couchez dans quelle position ?” Je trouve ça d’une intrusion terrible, oui très intrusif. Après on peut avoir envie d’être intrusif mais en plus d’être intrusif ça peut être très blessant. Ça peut déclencher de la dysphorie.

LKL : C’est vraiment la souffrance que ça peut déclencher sur la personne qui est à prendre en compte en plus des règles de politesse et de bienséance habituelles.

L : Oui c’est ça !

LKL : Donc la première question à se poser quand on envie de poser une question par curiosité à une personne trans, ce serait : “ Est-ce que je la poserai à une personne cisgenre ?”  Non, alors je ne la pose pas.

L : C’est un très bon conseil. Si ce n’est pas une question que vous poseriez à une personne cisgenre, c’est sûrement qu’il n’y a pas d’intérêt à la poser. 

LKL : Et il y a deux choses différentes entre une curiosité mal placée et une inquiétude sur savoir si la personne est heureuse dans son chemin de transition, est bien prise en charge, souffre pas trop physiquement et moralement. Voilà c’est deux choses différentes. Ça ne veut pas dire que vous ne pouvez pas vous inquiéter d’une personne et de son suivi. Mais pour vous inquiéter de ça vous avez pas besoin de savoir si elle prend des hormones et si elle se fait opérer et tout ça. 

L : Et si vous avez vraiment une curiosité, il existe des personnes qui en parlent. Sur internet vous trouverez des témoignages de personnes qui documentent leur transition, qui parlent de tout le parcours. Donc si c’est vraiment une curiosité de “j’aimerai savoir comment ça se passe” il y a des personnes qui documentent leur transition. Ces personnes existent, vous pouvez les trouver.

LKL : C’est très très simple. Vous tapez transition dans youtube.

L : Ou alors vous tapez transition before/after si vraiment vous avez besoin de savoir à quoi ressemble une personne “avant” et “après”. Donc si c’est ça qui vous intéresse, parce que vous avez une sorte de fascination, vous êtes peut être pas obligé de le partager avec une personne dans la rue. Internet existe pour ça. 

LKL : Et vous avez notamment, moi j’ai beaucoupe regardé dans un esprit de comprendre – sachant que je ne pourrais jamais comprendre puisque je suis une femme cisgenre, je pourrais jamais comprendre ce qu’un homme trans ou une femme trans traverse, c’est une expérience que je n’expérimenterai probablement pas. Mais, pour essayer de comprendre les enjeux on va dire, pas l’expérience de vie parce que ça je ne pourrais pas le comprendre, j’ai beaucoup regardé des vidéos de « Gabrielle » qui est une youtubeuse québécoise et qui a énormément, énormément documenté. Et elle a écrit un livre aussi que je vous conseille qui est hyper vulgarisant pour les personnes cisgenre pour bien comprendre les personnes qui ne maîtrisent pas les mots, le jargon, les enjeux. Et on comprend bien tout ce qui s’est joué dans son expérience de vie à elle, bien entendu ça ne peut pas être appliqué à tout le monde. Mais on comprend bien aussi les enjeux de chirurgie. On comprend plein de choses et je vous le conseille si vous voulez pousser le sujet. 

J’aurais une dernière question parce que la transidentité ça peut être une souffrance mais, ça peut être aussi une euphorie et une joie. Toi, qu’est ce que le fait d’être un garçon trans, qu’est ce que ça t’apporte ?

L : Moi, ce que ça m’apporte vraiment, c’est une ouverture. Moi, ça m’a comme ouvert le champ des possibles. C’est à dire que me définir comme garçon trans avec le parcours que j’avais, ça a été de me rendre compte que si j’avais envie d’être ce que je voulais être, je pouvais. Donc ça a été déjà, cette réalisation que si je crois suffisamment que je suis un garçon, je le suis. De m’accorder le droit d’être et d’exister et d’exister comme je le ressens, ça a été très puissant pour moi. De me donner le droit de dire “je suis ça”. Ça ça a été vraiment pour le côté expression et affirmation de moi. Je pense que c’est vraiment un saut énorme dans ma vie et il y a plein de choses qui découlent de ça, parce qu’il y a un truc de “je vais arrêter de me cacher et je vais dire qui je suis” et découle de ça des conséquence dans des trucs qu’on ne peut même pas imaginer. C’est sortir du placard quoi, ça y est, j’arrête et je dis qui je suis vraiment. Et cette personne que je suis vraiment, elle est aussi imparfaite et en construction et en chantier que toutes les autres et donc j’ai le droit de me tromper. J’ai le droit, moi aussi, d’avoir mon propre chemin et ma propre voie. Ça c’est la première chose que ça m’a apporté. 

Et la deuxième chose, c’est ce que l’on pourrait appeler le sentiment de traversée. C’est à dire que je suis parti de la classe des femmes pour aller vers la classe des hommes. Et même si je ne suis pas encore reconnu comme un homme, il y a plein de choses qui ont changé concrètement dans ma vie. En terme de statut, en terme de place dans l’espace, dans la société en fait. Et quand tu dis que tu es un homme, et pourtant j’ai encore une voix claire, j’ai fais aucune transition physique donc on va me prendre pour une femme dans pleins de cas, mais rien que le fait que je me genre au masculin, j’ai vu ce que ça avait changé dans mon rapport aux gens et dans le rapport des gens à moi. C’est à dire que c’est vraiment comme si j’avais acté quelque chose qui me plaçait différemment dans la société. Et je sais qu’aujourd’hui, même socialement, je ne suis plus une femme. Je ne suis pas encore un homme en terme de reconnaissance de statut, mais je sais que j’ai accès à une place qui est différente de celle où j’étais. Et je ne parle pas de place en terme de hiérarchie, je parle vraiment d’un endroit et d’un autre endroit. Et je sens que j’ai changé d’endroit. Et ce n’est pas juste interne c’est aussi pour les autres. En fait c’est interne et aussi pour les autres. C’est de l’attraction tu vois. Donc ça c’est les deux choses qui m’apportent une joie immense.

LKL : Et j’aimerai parler de ton offre. Parce que tu as dit t’affirmer, être vraiment toi, moi ça me fait penser à ton offre de coaching en fait. 

L : Oui, complètement.

LKL : Est ce que tu peux nous expliquer. Parce que tu as dit que tu étais metteur en scène mais tu n’es pas que ça, ce n’est pas ton seul métier. 

L : Bien sur. En fait j’ai lancé une entreprise de coaching et j’accompagne les personnes créatives qui n’osent pas assumer qu’elles sont des artistes. L’expression que j’aime bien c’est “artiste refoulé” parce que je trouve que ça fait appel a l’imaginaire qu’on a un peu développé pendant le podcast et c’est vraiment ce truc de sentir qu’on est appelé à quelque chose, appelé à la création. Et je pense que vraiment, il y a plein de gens qui nous écoutent qui vont se reconnaître là dedans. Et c’est, se sentir appelé à la création et ne pas s’autoriser cette place là dans le monde. Ne pas s’autoriser et avec plein d’excuses. Parce qu’on n’a pas d’espace, parce qu’on n’a pas l’argent, parce qu’on n’a pas le talent, parce qu’on n’a pas fait d’école … Je peux faire la liste, elle est très longue. Et en fait tout ça, pour moi, si c’est vraiment quelque chose qui brûle au fond de nous et qui fait sens pour nous, et que on sait que c’est l’endroit ou on doit être, au fond de nous, c’est des choses qui peuvent être dépassées. Et moi du coup, j’offre un espace où c’est possible d’expérimenter ça, et où c’est possible de se connecter à son artiste intérieur et de le mettre sur le devant de la scène. C’est vraiment ça que je propose avec mon coaching. Donc après je peux t’expliquer comment ça marche. Mais vraiment, le parcours que je propose c’est de se reconnecter à son artiste intérieur et de lui donner une vraie place et que ce soit pas juste intérieur, c’est aussi de la pratique. Et donc il y a de la pratique. Parce que moi je suis metteur en scène, j’ai un bagage artistique assez conséquent et donc je sais comment s’y mettre en fait. Je sais comment créer. 

LKL : On va où si on veut en savoir plus sur ton offre ou être accompagné par toi. 

L : Le mieux c’est soit, d’aller écouter mon podcast qui s’appelle « intimatopia » qui est accessible sur toutes les plateformes de podcast ou de venir me suivre sur mon instagram @intimatopia. C’est à ces endroits où c’est le plus facile je pense d’être connecté à ce que je fais. 

LKL : Merci beaucoup Lille.

L : Merci beaucoup Leïla, merci à toi.

LKL : Merci.

Merci à toi aussi d’avoir écouté cet épisode jusqu’au bout. Si tu veux être accompagné à accepter ta différence et trouver ta mission de vie, je propose un accompagnement individuel. Si tu as aimé cet épisode, laisse une bonne note sur la plateforme de ton choix ou un commentaire pour m’aider à le faire connaître. Force et amour à toi.


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