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Episode 27 : « Ta vie avec » La santé mentale, parcours de soin par une psychologue

Episode 27 : « Ta vie avec » La santé mentale, parcours de soin par une psychologue

Bienvenue dans « Ta vie avec »

Le podcast où on parle de différences. Aujourd’hui, on parle de santé mentale, parcours de soin par une psychologue avec Eva

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Retranscription Épisode 27


Bon matin et bienvenue dans Ta vie avec, le podcast où on échange sur nos différences. Je suis Leïla Kadi Louche, coach de vie certifiée et accompagnatrice au changement. On se retrouve pour l’épisode 27 avec Eva. Ce sera un épisode sur la santé mentale, parcours de soin avec une psychologue.

LKL : Bonjour Eva !

E : Bonjour.

LKL : Merci d’être là. Aujourd’hui tu es avec nous pour nous parler de santé mentale. Est-ce que tu peux te présenter s’il te plaît ?

E : Je m’appelle Eva, je suis psychologue clinicienne et je travaille actuellement dans différents établissements associatifs, médico-sociaux, qui accompagnent des personnes en situation de handicap mental et notamment des personnes avec autisme, déficience intellectuelle. J’accompagne ces personnes sur leur lieu de vie mais aussi pour leur insertion dans le travail. Je suis évidemment passionnée par la psychologie et en tout cas la manière dont on peut aider ces personnes donc j’essaie de partager des choses sur les réseaux sociaux, notamment Instagram. 

LKL : On te retrouve où sur Instagram ?

E : C’est @evar.psy 

LKL : Je suis vraiment super heureuse que tu sois là avec nous aujourd’hui parce que, qui mieux qu’une psychologue pour nous parler de santé mentale. Et donc, ma première question c’est: «Qu’est-ce que la santé mentale ? Qu’est-ce qu’on met derrière ces mots très utilisés ? »

E : C’est à la fois utilisé énormément et peu en même temps. Mais c’est tellement général que c’est intéressant, en effet, de se poser la question de: « Qu’est-ce que c’est? ». Et on se rend compte que c’est difficile à définir juste comme ça. Parce que si on parle de santé c’est physique, si on se dit “Je suis en bonne santé physique”, qu’est-ce que c’est au fond ? Parce que quelqu’un qui a une maladie chronique qui est stabilisée, ou quelqu’un qui a un handicap moteur mais qui vit très bien avec, est-ce qu’il est en mauvaise santé ? Je pense qu’on peut faire un peu le parallèle avec la santé mentale. Je pense que c’est une question de limite. Quand est-ce que ma santé mentale ou physique m’empêche de profiter pleinement, de m’épanouir, de faire ce dont je suis capable? C’est là je pense, qu’on peut parler de bonne santé mentale. Parce que si la santé mentale c’est juste être fou ou ne pas l’être, parce que ça a été comme ça pendant des années, au final c’est binaire et du coup on se rend moins compte de l’importance que ça a au quotidien et comment on peut se questionner dessus au quotidien, prendre soin de sa santé mentale.C’est très large quoi.

LKL : Oui c’est ça. Et c’est très bien ce que tu dis parce que moi j’ai rencontré des personnes souffrant de troubles qu’on imagine, quand on en souffre pas, comme assez gros, comme l’autisme ou la schizophrénie qui sont rangés dans la santé mentale. Mais ces personnes là, elles se sentaient pas handicapées dans leur vie. Elles avaient des adaptations, mais elles ne se sentaient pas handicapées ou limitées dans leur vie. Et peut-être qu’elles avaient des contraintes ou des adaptations mais qu’elles avaient une “meilleure” santé mentale que d’autres personnes.

E : Oui tout à fait, c’est d’ailleurs la question du handicap de manière générale. C’est à dire qu’on vit des situations de handicap mais, si on était tous aveugles, c’est celui qui verrait qui serait handicapé. C’est la société qui crée des situations qui sont favorables ou non aux particularités de la personne. Donc, effectivement si on est stabilisée et qu’on a réussi à comprendre ou à prendre soin de sa santé mentale en se disant “J’ai tel trouble ou particularité, je le connais, et je met tout en oeuvre dans mon environnement pour qu’elle ne se voit plus ou en tout cas ne m’empêche pas de mener l’existence que je veux mener” du coup ça remet en question la mauvaise santé mentale alors que la personne a un trouble à la base. 

LKL : Toi en tant que psychologue clinicienne, quand est-ce que tu considères qu’une personne devrait avoir un suivi pour sa santé mentale ou être accompagnée ?

E : En fait, je pense qu’il n’y a même pas de seuil ou de critère. Je pense que quand la personne vit des situations de souffrances, rester seul, c’est jamais une bonne idée. Dès qu’on détecte une situation qui chez nous est source de souffrance, cette limite dont je parlais tout à l’heure- si on a envie de faire des choses et qu’on est limité- il ne faut pas hésiter à aller voir quelqu’un.

LKL: Maintenant, on en sait un peu plus grâce à toi sur la santé mentale et les nuances qu’on peut y mettre. Comment on prend soin de sa santé mentale ? Pour la santé physique on voir bien : faire du mouvement, manger correctement. Mais la santé mentale c’est plus flou. Comment on fait ?

E: Alors déjà en se posant la question “Est-ce qu’elle existe”: On apprend très tôt aux enfants, que quand on tombe ou qu’on a de la fièvre, il y a quelqu’un pour soigner ça. Il y a l’infirmière ou le médecin qui va poser un diagnostic et proposer un soin donc c’est très ancré. Être sain, être en bonne santé physique, c’est très valorisé et important. La santé mentale, c’est plus compliqué parce qu’on n’apprend pas que ça compte. Et puis, il y a cette question de responsabilité derrière. Parce que la santé physique, quand on est malade, on est malade et point. On peut se culpabiliser sur certaines choses mais globalement, c’est quelque chose qui nous arrive. Alors que la santé mentale, quand on n’a pas envie de se lever le matin, on peut se dire que c’est de notre faute, qu’on est un bon à rien. On a tendance a porter à cette santé mentale une responsabilité et une culpabilité qui va empêcher d’en prendre soin. Donc la reconnaître, c’est la première étape pour en prendre soin. Après au quotidien, on est tous amenés à vivre des choses agréables, désagréables ou douloureuses, c’est de comprendre qu’être en bonne santé mentale, ce n’est pas quelque chose de linéaire. Cela peut être variable, il faut accepter toutes les périodes et faire attention à ce qu’on vit. On peut vivre de très belles choses sans porter notre attention dessus. Dans ces cas là, ce sera plus compliqué, quand on vit quelque chose de difficile, d’aller se ressourcer. Prendre soin de sa santé mentale c’est avoir conscience de ses ressources, de ses pouvoirs, de ce qui fait qu’on arrive à être bien, de ce qui fait qu’on a sa poche à ressources, à trésors, qu’on entretient toute notre vie. Donc, je pense que pour bien prendre soin de sa santé mentale, ça serait génial d’enseigner tout ce qu’on apprend en psychologie positive : la gratitude, plein de techniques de relaxation et aussi comprendre les mécanismes des choses, faire de la psychoéducation. Si je peux me dire que le stress c’est normal, si on apprend très tôt que c’est utile et qu’il ne faut pas forcément lutter contre mais apprendre à vivre avec d’une autre manière, peut-être qu’on grandit d’une façon différente et qu’on fait de la prévention.

LKL : C’est ça, et moi je vois le nombre de clients et clientes que j’ai qui ne savent pas nommer leurs émotions. Pas parce qu’ils ont un trouble qui les empêcheraient de le faire mais parce qu’on leur a jamais appris. J’ai appris que ça commençait tout doucement à changer en France et qu’on incitait les enfants à faire ça. Mais ça aussi, ça fait partie de la santé mentale : reconnaître ses émotions et les nommer. Et je dirais les adultes, si vous avez plus de 25 ans, si ce n’est pas un travail que vous avez fait soit avec un thérapeute, soit en développement personnel, il y a de grandes chances que vous ne sachiez pas reconnaître et nommer ces émotions sorties de la peur, la joie, la colère et l’angoisse, la tristesse.

E : Et encore parce que l’anxiété est très souvent confondue avec le stress. Le stress peut être confondu avec une forme de tristesse. Donc il faut reconnaître et valider aussi ces émotions. Juste de savoir ce que c’est qu’une émotion. J’ai fais l’expérience de demander à mon entourage s’ils savait ce que c’est qu’une émotion et en fait non pas vraiment. Et c’est dommage qu’on ait pas appris ça très tôt. Mais ça se fait de plus en plus, avec l’éducation bienveillante, positive qui vraiment accompagne l’enfant très tôt à reconnaître ses émotions, à s’y connecter, à savoir que c’est normal et que ça peut passer, à enseigner des techniques de relaxation, porter son attention sur des choses agréables et positives. Tout ça, ce sont des choses qui pourraient faire partie de notre kit santé mentale dès le départ. 

LKL : Nous on essaye dans cet épisode de vous apporter des précisions : Qu’est-ce que la santé mentale ? Comment en prendre soin ? Et par qui est-ce qu’on peut se faire accompagner la dedans ? Du coup j’aimerai te demander selon toi, c’est quoi selon toi, la différence entre le psychologue et le psychiatre ? Je sais qu’au Québec, certains psychiatres sont remboursés, les gens ont tendance à se tourner vers les psychiatres car il n’y a pas d’avance de frais alors que ce n’est pas forcément la personne indiquée selon ce qu’on a. 

E : En france c’est un peu pareil, le psychiatre est remboursé. Il faut voir le psychiatre comme le chef d’orchestre de la santé mentale, c’est la porte d’entrée. Et quand on souffre en silence depuis longtemps dans son coin, c’est pas mal je trouve d’aller voir un psychiatre dans un premier temps parce que c’est le seul qui est habilité à poser un diagnostic. Parce que le psychiatre c’est un médecin, qui a fait 6 ans d’études de médecine et s’est spécialisé en psychiatrie. Donc c’est la personne qui est capable de poser un diagnostic et qui a l’autorité nécessaire pour proposer un traitement. Et dans ce traitement, il peut y avoir de la psychothérapie. Par exemple, dans la dépression, on sait que ce qui fonctionne, c’est un traitement médicamenteux avec de la psychothérapie. Du coup, quand on ne sait vraiment pas qui aller voir, le psychiatre va jouer ce rôle d’aiguiller la personne. Ça permet de déblayer un peu. Tout d’un coup, on va voir un médecin parce qu’on va mal, c’est normal, c’est rassurant. Il va pas forcément dire que vous avez un trouble mais il va vous orienter.
Après, le psychologue peut intervenir si c’est un psychologue clinicien spécialisé dans le trouble que vous avez, on peut recommander une psychothérapie. Le psychologue en soit, c’est quelqu’un qui a fait des études dans la science qu’est la psychologie. La psychologie c’est une science expérimentale. Il y a des travaux en neuro-imagerie qui permettent d’avoir des données sur le fonctionnement du comportement humain, sur le développement, c’est tout ce qui a à voir au comportement, fonctionnement humain. Le psychologue, c’est quelqu’un qui a fait 5 ans de ces études là. Après, il s’est spécialisé selon le domaine de compétence. On n’est pas tous psychologues cliniciens. Le psychologue clinicien c’est celui qui va être avec le patient. Il y a des psychologues dans beaucoup d’institution (armée, écoles, …). Ce sont des personnes qui ont été formées dans la pratique au fonctionnement des personnes, du comportement, la méthodologie de recherche, à des techniques d’écoute, de soutien qui ne sont pas forcément de la psychothérapie. Cela peut être: annoncer un diagnostic à quelqu’un qui a un cancer, accompagner quelqu’un qui est en soins palliatifs… Et on ne fait pas de psychothérapie là-dedans. Donc on a tendance à associer psychiatre et psychologue, un médecin et un psychologue ne font pas le même métier. C’est comme avec un médecin qui oriente vers un kiné. Le psychologue va mettre en place le traitement de psychothérapie mais tous les psychologues ne font pas de la psychothérapie. Moi, dans ma pratique c’est pas ce que je fais au quotidien. 

LKL : C’est hyper important. Et pour bien expliquer aux gens, c’est selon les matières qu’on va choisir pour la licence et le master. Moi j’ai un ami qui est psychologue cognitien et qui travaille dans l’aérospatiale, ne soigne personne et ne voit pas de patient. Pourtant il a le titre de psychologue. 

E : C’est vrai que le psychologue c’est juste quelqu’un qui a ces connaissances et qui est formé à la psychologie. Mais on n’est pas tous clinicien, on ne travaille pas tous avec des patients. Et même quand on travaille avec des personnes, quand on est clinicien, on n’est pas toujours entrain de faire de la psychothérapie.  Et la psychothérapie, c’est le moment où on sort notre mallette à outils d’une orientation ou d’une autre, comportementale, cognitive, émotionnelle, psychanalytique, l’EMDR, l’analyse transactionnelle. Il y a tout un panel d’outils qui ont fait leur preuves dans la thérapie et que le psychologue va utiliser pour mener à bien une thérapie. Mais l’un n’exclue pas l’autre. 

LKL : Si vous écoutez souvent le podcast, vous savez vers quel courant je vais me diriger, c’est tout ce qui va être la TCC. Moi, ce que je veux vous dire si vous décidez d’aller voir quelqu’un en psychanalyse, c’est que personnellement, c’est quelque chose qui m’a fait énormément souffrir et m’a encore plus enfoncée dans l’agoraphobie donc chacun ses croyances et chacun voit ce qu’il a envie de voir. Mais quand vous choisissez un praticien de santé mentale, ne choisissez pas le plus proche ou le premier dans l’annuaire, choisissez en conscience. 

E: Je pense que c’est même un devoir de la personne qui va vous recevoir d’être transparent sur la méthode qu’il va utiliser pour vous amener à ce changement.Il faut vraiment qu’il y ait ce rapport collaboratif. Parce que vous allez voir quelqu’un pour vous amener à ce changement et il faut faire équipe, c’est cette notion de travailler ensemble. C’est vrai que les TCC c’est une approche qui va être assez claire et transparente sur la manière dont va se dérouler la thérapie, qui va demander à la personne des feed-backs. Les TCC travaillent beaucoup sur l’ici et maintenant. On n’est pas obligé de parler de son passé avec quelqu’un qui fait des TCC. Alors c’est vrai que le psychologue aime bien aller chercher et utiliser des outils pour comprendre pourquoi il y a tel comportement et pourquoi il s’est maintenu dans le temps. Il y a tout un courant qui va viser l’ici et maintenant alors que dans la psychanalyse on va être dans l’introspection, on va aller essayer d’aller creuser, chercher en profondeur dans son passé. Ce sont des techniques très différentes, souvent une thérapie plus longue où le thérapuete va être moins dans cette démarche de collaboration, il va moins parler tout simplement. C’est quand même très important parce qu’on n’a pas du tout la même chose. C’est vrai qu’en France on a encore beaucoup de modèles de la psychanalyse donc les gens voient beaucoup le psy comme le divan : on s’assoie et on va raconter. C’est vrai que maintenant les psychologues en TCC donnent des exercices,… Donc être un peu renseigné la dessus, c’est vraiment important. 

LKL : Je voudrais aussi qu’on parle de l’appellation de « thérapeute ». Parce que, que ce soit en France ou au Québec , elle n’est pas réglementée. C’est à dire que si demain je veux mettre une plaque devant chez moi disant que je suis thérapeute « stress et anxiété », je peux, et ça ne garanti rien à qui que ce soit. Il faut être vigilant. Dans mon errance médicale d’agoraphobe, j’ai vu des thérapeutes qui en savaient moins que moi. Le mot thérapeute n’est pas réglementé comme le mot psychologue. Ne mettez pas votre santé entre les mains de n’importe qui. On va aussi parler du métier de coach qui n’est pas réglementé, mais avant de parler de ça, je voudrais savoir selon toi, quand est-ce qu’on va voir un psychologue et quand est ce qu’on va voir un coach? Parce que tu nous a expliqué les TCC et c’est très proche. 

E : Alors là encore je vais reprendre l’idée que le psychologue, c’est quelqu’un qui a fait des études pour connaître la science de la psychologie mais c’est super large. Et il y a des branches de la psychologie qui se sont vraiment intéressée à “Qu’est ce qui amène le changement chez la personne? Qu’est-ce qui lui permet d’arriver d’un point A à un point B ?”. Il y a plein de choses qui ont été étudiées en psychologie et je pense que le coaching vient piocher dans ces outils qui ont été mis à jour par différentes expériences de psychologie, par différents professionnels. Donc, le coaching il prend un peu un concentré de ce qui peut amener à changer, pour instaurer une relation avec la personne accompagnée pour l’amener à changer, s’améliorer, atteindre un objectif particulier et amener un changement dans son comportement, son attitude.

LKL : Je suis entièrement d’accord avec toi. Tous les outils utilisés en coaching qui sont validés,  sont issus de  recherches dans le milieu de la psychologie, et sociologie un peu. Moi, la plupart des outils que je vais utiliser sont des outils qui sont utilisés en TCC et moi, je travaille beaucoup avec des psychologues qui eux vont me piquer des outils utilisés plus en coaching. C’est vraiment deux choses extrêmement proche. La différence que j’y verrai c’est que la thérapie, il y a quand même une notion de soin derrière qu’il n’y a pas dans le coaching. En TCC, il y a aussi une notion d’autonomie, le thérapeute vous apprend à utiliser les outils seuls et à ne plus avoir besoin de lui mais je trouve qu’elle est plus puissante dans le coaching. Et par exemple, on va dans les thérapies ACT travailler sur les valeurs mais c’est moins creusé que dans la thérapie. Mais en coaching, si on a une personne qui décompense, ou qui lève un trauma qu’elle avait enfoui, on n’est pas équipé pour ça. Pour moi ça ne s’adresse pas à la même population en fait.

E: oui je suis d’accord. C’est vrai que comme il y a ce bagage en tout cas sur le fonctionnement de nos comportements, le développement des personnes, cette sensibilisation à ce qu’est la psychologie, cela permet de repérer les troubles de la personnalité, de repérer les troubles de la personnalité, de travailler sur la pathologie parce qu’un psychologue est formé à la psychopathologie quand il est psychologue clinicien. Donc oui, il y a cet aspect soin, dans le parcours de soin quand on va voir un psychiatre, il va orienter vers un psychologue. Je pense que c’est plus global comme accompagnement alors que le coaching va amener à opérer les changements qu’on veut voir dans sa vie pour la vivre mieux. 

LKL : C’est ça. Je vais prendre un exemple concret. Par exemple, ce qu’on fait chez Esther avec la perte de poids. Quelqu’un qui va avoir un trouble du comportement alimentaire, pour nous, elle n’a pas sa place ici. On n’est pas équipées pour ça, on ne soigne pas en coaching. Par contre quelqu’un qui a des tendances hyperphages, là oui, le coaching va pouvoir aider. Même si la moitié des outils qu’on utilise vont être utilisés en TCC, c’est la différence. Pareil, moi, dans les coaching business que je fais, on coache forcément du perso parce que dans le business ce qui nous bloque, ce sont des pensées et ces pensées on les a aussi dans le perso. Donc on coache là où elles se manifestent. Mais si vous allez voir un neuro psy en lui disant “ Vous vous y connaissez, vous avez plein d’outils, vous utilisez la TCC, mettez moi dans le bon mindset pour gagner 500 000 euros cette année”, le psy, il va vous regarder et vous dire “C’est pas moi”. Il n’y a pas un besoin de soin, il y a un besoin d’amélioration.

E: Un besoin d’accompagnement. C’est un accompagnement et il y a cette notion de mindset qui est importante dans le coaching. Dans les études de psychologies, on ne parle pas vraiment de mindset. Parce que du coup on est avant tout des professionnels de l’écoute, des professionnels habilités à passer des tests. Parce qu’on parle beaucoup des psychologues en libéral qui va recevoir des patients dans son cabinet. Mais la majorité des professionnels, et des stages qu’on fait dans notre formation, c’est en institution, donc c’est pas auprès de personnes. Globalement on fait quand même un métier de l’écoute, de la psychopathologie, de faire des tests, de réaliser des bilans, en fonction de nos connaissances sur le fonctionnement de la personne. Et du coup c’est vraiment à différencier, je pense.

LKL : Et une autre différence, c’est que le psychologue est formé à l’écoute, le coach aussi, mais ce n’est pas le même niveau d’écoute et ce n’est pas la même façon d’écouter. Dans la psychothérapie, il y a le fait que parler du problème ça fait du bien, c’est ce que moi j’appelle ventiler en fait. Et c’est vrai, mais ventiler c’est pas le but du coaching. On est là pour trouver des solutions, on est dans la proactivité. Et donc pareil, si le besoin c’est de ventiler, c’est pas en coaching que vous trouverez ça. Alors ça arrive, on est des êtres humains, on a un truc et on a besoin d’en parler, mais sur des mois de coaching, ça va être deux séances. 

E : Oui voilà, c’est la demande qui crée ce que vous allez mettre en place. Moi, j’ai été amenée à faire des entretiens ou la personne n’ avait pas spécifiquement envie de parler pour changer quoi que ce soit. Là le psychologue vient être un peu « réceptacle », il est là pour être le professionnel de l’écoute. Ce sont ces différences qui font que ce sont deux métiers différents et complémentaires je pense. Je ne pense pas que ce soit opposable, même presque pas comparable. C’est juste que le coaching a pris des outils pour faire un autre travail.

LKL : C’est ça et souvent, on me pose la question de « Est-ce que je peux avoir un coaching et une thérapie en même temps? » et je dis oui. A nuancer selon pourquoi vous avez la thérapie et pourquoi vous voulez prendre un coaching et que le psychologue et le coach soient au courant. Si c’est votre coach qui vous a dirigé vers un psychologue, voir avec lui si c’est le moment de mettre le coaching en pause. Ce sont des choses qui arrivent aussi. Moi j’ai pas mal de clients qui sont en thérapie en parallèle, de part la niche que j’ai choisie qui est particulière, et je trouve qu’on fonctionne très bien. Thérapie et coaching donnent de bons résultats parce que tout ce que la personne voit en thérapie, le coaching aide à le mettre en place dans la vie. Mais ça, c’est vraiment propre à chacun. Je ne suis pas du tout en train de vous dire de prendre un coaching et une thérapie en même temps. Je pense notamment aux thérapies de stress post traumatique, selon ou vous en êtes dans la thérapie, ça peut être un peu violent d’avoir un coaching à côté.

E: Tout est question de rythme, qui peut être différent. Parce qu’on va beaucoup être dans l’action dans le coaching. Si on n’est pas prêt à franchir cette étape, il faut peut être encore aller voir des choses en thérapie, dans être dans le passé une fois encore, mais juste un temps à prendre avant d’être dans l’action. Si vous avez un bon psychothérapeute et un bon coach qui font leur travail sans déborder sur l’autre, c’est très complémentaire.

LKL : Je voulais faire une parenthèse sur le métier de coach qui n’est pas réglementé. Il y a des formations d’un jour, de deux ans, il y a de tout, des formations où il faut des connaissances en psychologies, d’autres non, … Il y a vraiment tout et son contraire. C’est ce qu’on vous dit depuis le début de l’épisode. Choisissez votre accompagnement en santé mentale (puisque le coach intervient dans la santé mentale même si ce n’est pas du soin, puisque le coach va vous accompagner là dedans même si le coach n’a absolument pas un rôle de soin, mais dans la notion d’entretenir cette santé mentale, d’en prendre soin. Mais ce que vous allez apprendre en coaching va vous permettre d’entretenir votre santé mentale, de l’améliorer). Ne mettez pas votre santé mentale entre les mains de n’importe qui. Choisissez votre coach, demandez lui quelle formation il a choisi, demandez lui quelle est sa vision entre le coaching et la thérapie, quelles sont les limites du coaching. De même que la thérapie a des limites, le coaching aussi. La toute puissance du coaching n’existe pas. Regardez son éthique aussi. Renseignez vous sur son courant de coaching. Partez en confiance de la personne. Je vous mettrai un lien de l’IGTV, parce que j’en ai fait une, ou j’explique comment je choisi mes coachs. Moi je n’irais jamais voir un coach qui me sert la toute puissance du coaching, qui ne fait pas la différence entre coaching et thérapie,… Parce que moi j’ai été formée, je ne sais pas ce qu’il faut faire en thérapie parce que je ne suis pas thérapeute, mais je sais identifier quand la personne a besoin de thérapie et je ne continuerai pas à la suivre en coaching tant qu’elle n’aura pas un suivi avec un psychothérapeute. Donc demandez tout ça. Je vous mettrai le lien avec les questions que je pose aux coach quand moi je me fais accompagner, parce que j’ai des coachs et un psychothérapeute. Ces questions peuvent vous aider mais sont à modifier selon chacun.

Mais du coup Eva, comment on choisi son psychothérapeute ?

E: Les approches sont différentes selon qu’on ait envie d’être dans l’introspection ou si on a été orienté par un psychiatre qui a posé un diagnostic, parce que c’est souvent ça. Déjà, la première étape, c’est de se renseigner, pour les personnes qui ont des phobies particulières, c’est déjà rassurant, et après, c’est vrai que j’ai envie d’orienter vers les thérapies comportementales parce que ça a été étudié comme amenant des progrès et des améliorations à des patients qui en souffrent, il y a vraiment des troubles qui se traitent bien. Après, si on fait le choix d’aller voir un psychologue on peut voir s’il est formé, s’il est réellement psychologue, c’est pas mal. Après s’il est formé aux TCC ou quelle orientation il a. Si vous avez vécu un événement traumatique, l’EMDR fonctionne très bien. Il y a des preuves scientifiques qui attestent de son efficacité. Après sur les thérapies à côté, tout ce qui est DU, ce sont des cours donnés par l’université, c’est quand même un gage de qualité, après il y a des formations en TCC. Allez voir le bagage de la personne. Mais ça ne fait pas tout, Il y a aussi la rencontre. Si vous ne le sentez pas, ça ne sert à rien de vous forcer. Quand on sent qu’il n’y a pas d’alliance, faut pas chercher non plus à creuser plus loin, une autre personne vous conviendra. Ça ne veut pas dire que “olala je suis pas faite pour ça” ou alors que ce soit négatif pour la personne que vous allez voir que vous ne la choisissiez pas. On n’est pas dans un jeu de téléréalité donc, il n’y a aucun problème sur le fait de sentir que le feeling n’est pas au top.

LKL : Ce que tu me dis, c’est important parce que je vois des gens qui sont avec quelqu’un depuis une dizaine de séances et qui me disent “C’est moi qui ait un problème, ça passe pas”. Non, c’est juste qu’on est des êtres humains et qu’on ne peut pas aimer tout le monde. Le feeling c’est quelque chose qui ne se calcule pas, et la relation thérapeutique ne peut pas marcher si ça ne passe pas avec la personne, si vous n’avez pas confiance. C’est le même conseil que je vous donnerai pour les coach. Vous remplacerez relation thérapeutique par relation de coaching mais ce sera le même conseil. Mais c’est pareil avec votre kiné, votre généraliste, avec toute personne qui vous accompagne, mais encore plus avec quelqu’un à qui vous allez raconter votre vie. Et ce que vous allez dire à votre psychothérapeute ou à votre coach, peut être que vous ne le direz à personne d’autre. Donc c’est important d’avoir hyper confiance et d’être confortable, que ce soit un moment qui vous fasse du bien. C’est là pour ça à la base.

E: Et puis surtout, être en face de quelqu’un avec qui on peut tout dire et où on n’aura pas de jugement. Parce qu’il y a des personnes qui souffrent d’un toc ou d’une phobie particulière et qui peuvent être très honteuses de ça. Et se dire qu’avec cette personne je me sent libre de dire ce que je veux sans être jugé, c’est hyper important. Parce que si vous ne vous sentez pas capable, ou en tout cas c’est trop difficile, ou que vous sentez un jugement, ça va être très compliqué de travailler là dessus. Donc la bienveillance et le non jugement en présence de la personne qui vous accompagne est essentiel.

LKL : Est-ce qu’il y a des sites ? Je sais que pour les TCC, il y a l’AFTCC, il y a un équivalent au Québec donc les gens, je les renvoie vers ça. Mais si on veut faire de l’EMDR, ou de la thérapie des schémas, on en parle peu mais c’est quelque chose qui m’a beaucoup aidée. Est-ce qu’il y a des sites pour trouver ?

E: Il y a l’ifortec qui est aussi un site de TCC, il y a des formations aussi, c’est assez reconnu. C’est important de regarder les DU quand on veut se former. 

LKL : Pour les personnes qui ne savent pas un DU c’est un diplome universitaire qui se fait dans le cas des psychologues, après un master, qui dure entre quelques mois et deux ans selon les DU. Moi je considère qu’un bon psychothérapeute ou un bon coach, il va avoir fait des formations régulièrement pour se tenir à jour parce que les recherches évoluent extrêmement vite. C’est quand même quelqu’un qui veut offrir aux personnes qu’il accompagne les meilleures ressources, les meilleurs soins, un volonté d’apprendre et un certaine passion pour son métier.

E: C’est un engagement.

LKL: Parce que quand on a fini ses études on n’a pas forcément envie de retourner à la fac.

E: Oui.

LKL : Merci Eva d’avoir été là avec nous et de nous avoir expliqué tout ça. Est-ce que tu peux me redonner le nom de ton compte instagram pour les gens qui voudraient s’abonner et te suivre ?

E : C’est @evar.psy, et merci vraiment à toi. C’est vrai que c’est très intéressant de parler de santé mentale.

LKL : Merci à toi Eva.

E : Merci

LKL : Merci d’avoir écouté cet épisode jusqu’au bout. Si tu veux être accompagné.e à accepter ta différence et trouver ta mission de vie, je propose un accompagnement individuel. Si tu as aimé cet épisode, laisse une bonne note ou un commentaire sur la plateforme de ton choix et abonne toi. Force et amour à toi. 


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