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Episode 17 : « Ta vie avec » Je suis une femme noire en fauteuil roulant mais pas que

Episode 17 : « Ta vie avec » Je suis une femme noire en fauteuil roulant mais pas que

Bienvenue dans « Ta vie avec »

Le podcast où on parle de différence. Aujourd’hui, on parle de je suis une femme noire en fauteuil roulant mais pas que avec Fabienne.

Pour en savoir plus sur moi, tu peux te rendre ici.

Les comptes instagram de Fabienne : ici et là.
Le site internet de handioasis : ici

Coaching avec Moi, c’est :

Accepter ta différence et trouver ta mission de vie.
Pour prendre rendez-vous, tu peux te rendre ici.


Retranscription Épisode 17


Bon matin et bienvenue dans Ta vie avec, le podcast où on échange sur nos différences. Je suis Leïla Kadi Louche, coach de vie certifiée et accompagnatrice au changement. On se retrouve pour l’épisode 17 “Je suis une femme noire en fauteuil roulant mais pas que” avec Fabienne.

LKL : Coucou Fabienne !

F : Coucou Leïla !

LKL : Est ce que tu peux te présenter, s’il te plaît, pour les personnes qui ne te connaissent pas.

F : Je suis Fabienne, j’ai 42 ans. Je vis en région parisienne. Je suis actuellement assistante commerciale dans un groupe agro-alimentaire et en même temps je suis entrepreneur dans l’événementiel éthique et responsable.

LKL : Merci. Donc toi, tu es une femme noire, en fauteuil roulant. 

F: Exactement ça. Donc je suis Guadeloupéenne, et je suis en fauteuil roulant parce que je suis paraplégique suite à un accident de voiture. 

LKL : D’accord. C’est comment ta vie en fauteuil roulant, et quels défis tu dois relever tous les jours ?

F : Ma vie en fauteuil roulant, c’est une vie un peu plus compliquée. Agréable, mais plus compliquée parce qu’il faut faire face au regard des autres, aux préjugés et aprioris des autres ou à la méconnaissance aussi des autres et aux problèmes d’accessibilité liés au fait d’être en fauteuil roulant.

LKL : Quand on préparait l’épisode, tu m’expliquais ta réalité de vie, que tu étais très heureuse et très épanouie dans ta vie, mais que comme toute personne, tu as des défis à relever et toi ils sont liés pour une grande part à l’accessibilité en fauteuil. Quand on n’est pas en fauteuil roulant, moi personnellement pour avoir vécu les deux pas de fauteuil et fauteuil, on ne se rend pas forcément compte de l’enjeu que c’est l’accessibilité. Est-ce que tu peux nous en parler un peu de ça ?

F : Le problème de l’accessibilité, c’est que tu ne vas pas où tu veux, tu ne choisis pas forcément ce que tu veux. C’est à dire que tu veux aller chez le médecin. Tu ne vas pas choisir le médecin forcément le mieux ou le plus proche de chez toi mais tu vas choisir celui qui est accessible. Dernièrement, j’ai voulu faire deux formations, et bien je ne peux pas les faire parce qu’elles ne sont pas accessibles. Donc pareil, je ne choisi pas la formation que je veux, ou l’organisme de formation que je veux parce que ce n’est pas accessible. Donc, être en fauteuil roulant et surtout avoir un problème d’accessibilité, c’est pas toujours choisir l’endroit où tu veux et toujours s’organiser en amont. C’est à dire toujours appeler pour savoir si c’est accessible. Ça t’enlève un peu de spontanéité. Tu ne te lèves pas un matin en te disant “Tiens, je vais partir en week end tout à l’heure et aller à l’hôtel”. Avant tu auras appelé 4 hôtels pour savoir lequel est accessible. Ça demande de l’organisation.

LKL : Toi aujourd’hui ça fait tellement partie de ta vie que tu ne t’en rends plus tout le temps compte en fait ?

F : Oui, c’est à dire que c’est la routine. Je sais que je dois appeler pour savoir si c’est accessible. Après je sais aussi ce qui est le plus simple pour moi. Je sais que c’est plus simple pour moi de prendre un uber que de prendre un taxi classique. Parce que le uber, je sais qu’il n’aura que des berlines alors que le taxi classique il aura peut être un monospace et ce sera compliqué pour moi. Au bout d’un moment la pratique fait que je sais comment faire et où m’adresser pour que ce soit simple pour moi.  

LKL : Tu me parlais aussi, en préparant l’épisode, de quelque chose dont je n’avais pas du tout conscience. Et donc je pense que les personnes qui nous écoutent, si iels ne sont pas iels mêmes en fauteuils. C’est l’infantilisation des personnes qui sont en fauteuil roulant. Est ce que tu peux me donner un ou deux exemples de ta vie. 

F : Alors oui, les gens ont tendance à te parler comme si tu étais un petit enfant. C’est à dire “Ah mais elle a quel âge? Mais qu’est ce qui s’est passé?” Comme si vraiment t’avais trois ans. Mais je pense que c’est la taille qui fait ça. Parce que quand t’es en fauteuil, t’es assise et t’as la taille qu’est plus basse. Et je pense aussi que les gens mélangent un peu tout sur le handicap et mélangent handicap physique, retard intellectuel… Des fois, ils sont surpris que tu travailles. Je pense que c’est lié à ça l’infantilisation.

LKL : J’avais échangé avec des personnes de petite taille et qui ressentaient la même chose. Et on arrivait à la conclusion que c’était peut être lié à la taille. Et donc, je voudrais dire aux personnes qui nous écoutent d’être vigilantes face à ça. Parce que je ne pense pas que ces personnes veuillent ça, je pense que c’est réactionnel par rapport à la taille. Et pareil si vous parlez à la personne en fauteuil, parlez à la personne directement et pas à son accompagnant.

F : Ah oui, ça c’est insupportable ! Vraiment, vraiment insupportable. De voir qu’on parle à l’autre personne… Par exemple, c’est toi qui achète dans un magasin mais c’est à la personne qui t’accompagne qu’on va dire combien ça coûte. Ça, c’est insupportable, après je le dis souvent, c’est parfois de la méconnaissance, ou de la maladresse, parce que les gens ne connaissent pas, ou de la gêne, que les gens se comportent comme ça.

LKL : C’est pour ça que c’est important d’en parler. Parce que souvent les gens, c’est pas qu’ils veulent faire mal, c’est qu’ils ne savent pas ou ne se rendent pas compte. 

F : C’est exactement ça. Je pense que les gens ne se rendent pas compte. Et ce n’est pas qu’ils veulent mal faire, c’est juste que quand on ne connaît pas, on n’agit pas forcément de la meilleure manière. 

LKL : C’est ça. Ce sont les points de je voulais aborder avec toi à propos de ton handicap : l’accessibilité et l’infantilisation. Mais au delà de ta situation de handicap, et des discriminations que tu peux avoir aussi par rapport à ta couleur de peau, t’es quelqu’un d’extrêmement joyeux et épanouie dans ta vie. Avec une vie extrêmement riche. Tu fais énormément de choses. Qu’est-ce qui te fait ressentir de la reconnaissance dans ta vie de tous les jours.

F : Déjà, moi, je suis assez reconnaissante aux gens qui dans leur vie, dans leur métier ou dans leur action, font en sorte de rendre la vie plus facile aux personnes en situation de handicap. Tu vois, récemment, je suis partie dans le désert, j’ai dormi dans des tentes, et c’est vrai que c’est quand même assez bluffant de te dire que t’es en fauteuil roulant, tu dors dans le désert et tout est simple pour moi parce qu’il y a des gens qui avant ont tout validé et tout fait pour que ce soit simple et que ce rêve devienne possible. Et donc, je suis assez reconnaissante à toutes ces personnes qui nous permettent de faire des choses qui sur le papier seraient impossibles ou très compliquées. 

LKL : Merci. Et au delà de ça, tu n’es pas qu’une femme noire en fauteuil roulant. Je le disais, tu as une vie très riche. Est ce que tu peux me parler un peu de tes passions ?

F : Alors j’aime beaucoup la danse. Donc j’ai fais trois années de danse contemporaine. Et cette année, étant antillaise, un peu de retour aux sources, j’ai commencé la danse traditionnelle antillaise. Et justement ça revient à ce que je disais, je suis reconnaissante aux gens qui nous permettent de faire des choses. C’est à dire que la prof de danse n’a jamais donné de cours à une personne en fauteuil mais elle s’est dit “et si on essayait” et moi aussi j’ai dit “essayons”. Et donc on essaye depuis septembre de faire des chorégraphies pour moi.
Et après ce que j’aime, je suis quelqu’un de convivial, donc j’aime passer du temps avec mes amis, aller en soirée et faire des apéros dinatoires. Et j’aime voyager aussi. J’aime tester des choses, c’est à dire essayer des activités. Après j’aime ou j’aime pas, mais j’aime essayer. 

LKL : La découverte ?

F : Exactement.

LKL : Du coup, tu me disais, tu es partie dans le désert il y a un mois. Est-ce que tu peux nous raconter un peu ? Peut-être en parler un peu, nous dire si tu as été contente de l’organisme, s’il y a des gens qui nous écoutent qui sont en fauteuil et qui voudraient tenter l’expérience.

F : En fait c’est un Riad à marrakech qui s’appelle HandiOasis et tout est fait pour être accessible aux personnes en situation de handicap. Donc les activités sont accessibles, ils ont formé des gens pour nous faire faire du quad, enfin tout est très adapté. Et donc, c’est assez bluffant, parce que comme je disais, tu es en pleine nature au milieu du désert et tout avait été organisé. Tu dors sous la tente et il n’y a aucune difficulté. Et c’est vraiment un super organisme. Moi, je suis partie avec une amie, mais tu peux partir seul·e parce que tout est tellement cadré qu’il n’y a pas de difficultés. Et ils sont capables de te dire, et c’est super important quand tu es en fauteuil, où est-ce que tu vas trouver des toilettes accessibles. Et ça, c’est un vrai point qui peut être un vraie source de stress quand tu es en fauteuil et que tu ne sais pas dans combien de temps tu trouveras des toilettes adaptées. Donc tout est géré, et c’est un super lieu. Le Riad est top, il l’est vraiment. Les gens sont hyper sympas et en plus tu fais de belles rencontres parce qu’il y a plein de gens qui viennent de régions ou de pays différents, avec des histoires aussi différentes. C’était la troisième fois que j’y allais. La première fois j’étais allée seule, et j’avais fait de belles rencontres et j’en fais à chaque fois. Je vous recommande ce lieu. 

LKL : J’espère que ça va intéresser plein de personnes.
Je sais que tu as un super projet qui arrive, un projet événementiel. Est-ce que tu veux nous en dire plus?

F : Mon projet c’est de créer des évènements éthiques, solidaires et responsables. En fait c’est montrer qu’on peut créer des évènements qui sont respectueux d’autrui et de l’environnement tout en créant de l’émotion. Parce qu’en fait je pense que ce qui fait, et on revient à ce qu’on disait sur le handicap et les préjugés et tout ça, c’est le manque de lien, le manque de contact. Je pense que quand tu rencontres des gens différents de toi, tu te rends compte qu’ils sont différents sur certains points mais qu’ils sont aussi comme toi. Et donc, je souhaite faire ça dans le cadre d’évènements. Et donc, dans les idées, il y a notamment faire une journée au vert pour des personnes séniors qui n’ont pas l’occasion de partir en vacances. Ce genre d’événements où tu rencontres des gens différents de toi et ou tu crées de l’émotion tout en respectant les autres et l’environnement.

LKL : C’est génial. Je trouve ce projet vraiment génial. On peut te suivre sur instagram c’est ça ?

F : Oui, mon compte instagram c’est @imaginetik.

LKL : On le mettra dans la barre d’info.

F: Super, merci.

LKL : Avec plaisir. Je trouve ce projet vraiment super. Et du coup, si des gens veulent aussi venir te parler, puisque tu as plein de passions.

F : Oui parce qu’en plus, il y a pas longtemps j’ai créé un compte sur l’accessibilité qui s’appelle @fabulouswheel. Je viens de le créer, il y a deux semaines donc c’est tout nouveau.

LKL : Ok, on mettra aussi le lien, pour ton projet événementiel et pour l’accessibilité. Donc allez vous abonner à Fabienne.
Aujourd’hui tu arrives à faire énormément de choses dans ta vie, tu as une vie super épanouie, et je pense même que les personnes valides peuvent t’envier. Mais ça n’a pas forcément toujours été comme ça, c’est pas forcément quelque chose qui arrive du jour au lendemain, ça n’a pas dû être toujours facile. On en parlait notamment au moment de l’adolescence, qui est déjà compliquée quand on peut marcher alors quand on est en fauteuil ça rajoute encore quelque chose. Qu’est-ce que tu voudrais dire aux adolescents et adolescentes en fauteuil qui nous écoutent.

F : Effectivement, l’adolescence ça a été compliqué. En plus, à mon époque, j’ai 42 ans, on voyait pas beaucoup d’handicapés à la télévision. Donc en fait, c’était dur pour moi de me projeter. On ne voyait pas non plus beaucoup de personnes noires à la télévision, à par le cosby show. Donc je ne voyais personne à la télé qui me représentait, ou dans la rue aussi. Donc c’était difficile. Mais ce que je dirais à des adolescentes et adolescents, c’est que c’est un mauvais moment à passer et que ça peut être très dur. Mais que c’est qu’un mauvais moment et qu’après la vie peut être cool quand on a dépassé ça. Et on peut vivre vraiment des moments top. Et moi, je me sens beaucoup mieux à 42 ans qu’à 17 ans. Donc oui, c’est un mauvais moment, mais que c’est pas foutu, et que la vie peut être cool, même si c’est plus compliqué et qu’il faut faire face aux préjugés et aprioris des autres, c’est quand même faisable. Et puis après, il y a quand même une certaine fierté à avoir fait tout ça quand à la base c’était pas simple. Donc la vie peut être sympa après. 

LKL : Merci. Et je dirais que ça s’applique à tous les adolescents et adolescentes. Parce que moi, j’ai fais mon adolescence quand je n’avais pas de maladie et pas de handicap, et c’était pas une période super fun non plus. Et on nous sur-vend un peu l’adolescence en nous disant “c’est tes meilleures années”, c’est du bullshit. Ça va beaucoup mieux après.

F : Je suis tout à fait d’accord avec toi. Pour moi, c’est vraiment du bullshit. Quand je parle à plein de copines et de potes, beaucoup sont mieux maintenant qu’à l’adolescence. Donc je suis d’accord avec toi. Et ça vaut pour tout adolescent quelque soit sa situation, son vécu, il va s’éclater après. Et s’il s’éclate déjà à l’adolescence, ça va être un pur kiff quand il aura 40 ans.

LKL : C’est ça. Merci Fabienne. Donc on peut te retrouver principalement sur instagram @imaginetik pour ton projet événementiel et @fabulouswheel pour tout ce qui est sur l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Parce que, ce qui vaut pour un fauteuil, moi je marche tout le temps avec une canne, ça vaut à peu près pour 79% des cas avec une canne. 

F : Et je dirais que ça fonctionne aussi pour des personnes âgées et pour des parents avec un bébé en poussette. Donc, quand on nous vend l’accessibilité comme un truc pour les personnes en fauteuil roulant, en fait non, c’est pour tout le monde. 

LKL : Oui c’est vraiment pour tout le monde. On mettra les liens en barre d’info. On mettra aussi le lien vers, tu m’as dit que ça s’appelait « Handioasis » pour les voyages pour les personnes à mobilité réduite.
Merci à toi d’être venue.

F: Merci à toi, c’était un plaisir d’échanger avec toi. 

LKL : Merci, pour moi aussi. À très vite. 

Merci à toi d’avoir écouté cet épisode jusqu’au bout. Si tu veux être accompagné.e à accepter ta différence et trouver ta mission de vie, je propose un accompagnement individuel. Si tu as aimé cet épisode, laisse une bonne note sur la plateforme de ton choix ou un commentaire pour m’aider à le faire connaître. Force et amour à toi.


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