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Episode 22 : « Ta vie avec » Autisme, stress et anxiété

Episode 22 : « Ta vie avec » Autisme, stress et anxiété

Bienvenue dans « Ta vie avec »

Le podcast où on parle de différences. Aujourd’hui, on parle d’autisme, stress et anxiété avec Virginie.

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Retranscription Épisode 22


Bon matin et bienvenue dans Ta vie avec, le podcast où on échange sur nos différences. Je suis Leïla Kadi Louche, coach de vie certifiée et accompagnatrice au changement. On se retrouve pour l’épisode 22 avec Virginie qui vient nous parler de l’autisme, du stress et de l’anxiété.

LKL : Coucou Virginie ! 

V : Salut Leïla !

LKL : Est-ce que tu peux te présenter pour les personnes qui ne te connaissent pas s’il te plaît ?

V : Oui bien sur. Alors Virginie. Comme ça se fait un petit peu chez toi, on explique nos différences; moi, je suis autiste Asperger. En ce moment, je fais le tour du monde. Je suis en ce moment en Haïti et je suis coach en relativité spécialisée dans la peur.

LKL : Merci d’être là. Est-ce que tu peux expliquer ce que c’est “autiste Asperger” parce que je suppose que tout le monde a déjà entendu ces mots là mais il y en a qui ne savent pas exactement ce que c’est.

V : “Asperger” apparement, on ne le dit plus trop, ce n’est plus un terme médical. Maintenant on dit autiste de haut niveau, c’est à dire, dans le spectre autistique il n’y a pas de déficience mentale. L’autisme est une neuroatypie. C’est à dire que c’est simplement le fonctionnement neuronal qui est différent par rapport à la norme, la majorité, la généralité, je ne sais pas comment dire ça. On est simplement câblés différemment , on voit les choses différemment , rien de grave quoi.

LKL : Ce que j’aime dire quand on me pose la question c’est d’imaginer un circuit électrique. Tout est relié mais, c’est juste relié par différents fils ou dans un sens différent ou un chemin différent. 

V : C’est exactement ça oui, c’est une histoire de câblage.

LKL : C’est quoi ta relation au stress et à l’anxiété ?

V : Ça fait partie de moi. Pour moi le stress c’est la conséquence de la peur, c’est sa manifestation. Comme le stress, l’anxiété, ou d’autres manifestations. Ça commence par la peur et puis ça se manifeste par le stress. Et en tant qu’Asperger, je vis dans un monde que j’ai du mal à comprendre donc, c’est la norme chez moi. J’ai l’habitude de raconter l’histoire du paysan. C’est comme ça que je le vis l’Asperger. Tu prends un paysan du 19ème siècle, comme ça tranquille dans sa petite maison à cultiver ses champs etc. Et ce paysan tu le téléportes là tout de suite à midi au Japon en plein milieu de Tokyo. Tu sais le grand carrefour au milieu de la ville. Et maintenant débrouille-toi, c’est ta vie. C’est un peu comme ça que je le vis l’Asperger. Le pauvre paysan va être complètement stressé. Il n’y a rien qui correspond à sa vie. Ça a beau être sur Terre et ça a beau être des humains, rien ne correspond à lui. Il va devoir s’adapter et apprendre les codes. Et c’est comme ça que je le vis en fait. C’est comme si c’était pas mon monde, ma planète et donc, ma relation au stress elle est constante.
Bon, j’ai quand même bien travaillé sur la peur, j’ai bien travaillé là dessus donc, ça me permet de faire le tour du monde maintenant, sans problème mais, ça n’a pas été facile, clairement.

LKL : T’as beaucoup travaillé sur toi, c’est pour ça aussi qu’aujourd’hui tu es devenue coach en relativité. Si aujourd’hui, tu peux accompagner des gens à surmonter leurs peurs, c’est parce que toi tu l’as fait et tu ne partais pas avec un bagage facile. Parce que tu étais plus exposée à ces émotions là, stress, anxiété, peur, que la majorité des gens. Mais avant tout ça, avant que tu travailles sur toi, avant que tu prennes conscience de ton câblage différent, comment tu vivais ça ?

V : En fait je ne le vivais pas. J’ai fait en sorte d’éliminer tout ça pour ne pas que ça me touche. On parle parfois de construire une forteresse autour de soi, c’est ce que j’ai fait . J’ai créé une forteresse pour me défendre de l’extérieur mais, et ça j’en ai pris conscience récemment, il y a quelques semaines, j’ai aussi mis une forteresse interne pour me protéger de mes émotions. J’ai passé une grande partie de ma vie à ignorer ce que je ressentais pour survivre. Et donc aujourd’hui je commence à reprendre contact avec moi-même et à écouter les signaux de mon corps, ce que je n’avais pas l’habitude de faire. Et ça a été ma façon à moi de survivre : faire comme si ça n’existait pas, ne pas écouter, ne pas entendre, ne pas le ressentir.

LKL : Souvent dans l’autisme on parle de suradaptation. Pour expliquer, et tu me diras si je me trompe, ce que j’en comprends c’est que pour fonctionner dans la société et dans le monde, on se suradapte pour avoir le besoin d’appartenance comblé et souvent, on n’est pas diagnostiqué jeune, l’autisme n’est pas forcément diagnostiqué jeune.

V: moi j’ai 44, bientôt 45 ans et j’ai été diagnostiquée à 42, parce que j’y suis allée parce que je m’y reconnaissais .

LKL : 42 ans d’errance. Donc sur la suradaptation ce que j’ai compris c’est que pour survivre tout simplement, il y a l’idée de s’adapter tout le temps à l’environnement extérieur?

V : C’est exactement ça. Tu passes ta vie à te contorsionner pour entrer dans les cases. Tout le temps. Aujourd’hui, ne serait ce que pour dire bonjour, j’arrive toujours pas à comprendre quelle est la bonne façon de dire bonjour. En plus maintenant je change de pays donc ça change aussi. Mais ça reste quelque chose qui parait simple pour les gens mais qui pour moi est compliqué, comment on s’adresse aux gens, enfin tout ce qui est relationnel est extrêmement compliqué. Donc on met des parades en place mais ça reste compliqué.

LKL : Donc toi le moyen de survie face à cette suradaptation ça a été de couper, le déni d’émotion, la forteresse intérieure?

V : Oui et de faire en sorte d’être pas trop vue, je suis de côté, on ne me voit pas, on ne me parle pas, je suis transparente, c’est bien.

LKL : “Ne venez pas me parler, laissez moi tranquille toute seule”

V : “Au secours, je ne sais pas faire”.

LKL : Et maintenant comment tu vis ta peur, ton stress, l’anxiété ?

V : Maintenant je vis vachement bien ça. Mes peurs maintenant elles ont bien diminué, j’ai travaillé là dessus. La peur ne s’en va jamais mais j’ai compris que la peur ce n’était qu’un signal. Je ne vais pas dans des endroits où un monstre va se pointer devant moi. Quand on parle de peur, on parle surtout d’inconfort psychologique, il n’y a pas de réel danger. Donc je le vis plutôt bien. Et surtout ce qui m’a aidée c’est de faire voler toutes ces cases en éclat, ne plus tenter de me conformer à ça. J’ai compris qu’au fond tout va bien, je suis pas méchante, je ne vais faire chier personne, je suis polie donc ça va. Donc tu vois, je ne vais pas chercher à nuire à quelqu’un ou à être néfaste donc si quelqu’un le prend mal et bien tant pis. Le fait de décider que je fais, être moi et peut importe ce que les gens vont penser de moi, ça m’a complètement libérée. Parce qu’en fait, j’ai plus à me dire “Qu’est ce qu’il faut que je dise ? Qu’est ce qu’il faut que je fasse ? Tu vas paraître bizarre, les gens vont te rejeter”. Ce qui est un avantage quand tu es un étranger dans des pays où si les gens te trouvent bizarre c’est normal. Donc ça aide à accepter ses différences, le voyage aide à accepter qu’on est différent, qu’on est bizarre. Mais oui, ne plus avoir cette pression du regard des autres sur soi, ça libère du stress.

LKL : Qu’est ce qui a été le plus difficile ? Ça a été de se libérer du regard des autres ou c’est autre chose dans ton chemin ?

V : Non, le plus difficile, ça a été de m’adapter, de faire comme si… Il y a une image qui circule parmis les Aspies, c’est une image de chat dans un monde de chien. Je sais pas si tu connais les chiens mais quand ils se croisent ils sont tout contents, ils se reniflent le cul, il vont être content. Essaye de faire ça à un chat. Donc c’est ça tu es un chat qui va essayer tout le temps de s’adapter à un monde de chien. Et ça c’est très dûr, c’est se nier soi-même. Et pourtant j’adore les chiens dans la vraie vie, mais dans l’allégorie, ça ne marche pas. C’est ça qui a été le plus difficile.

LKL : Mais elle est géniale cette métaphore. Je pense que tous les Aspies, comme tu dis vont se reconnaître dedans.

V : Oui je pense, c’est très parlant.

LKL : Et à l’inverse, quand on est dans nos peurs, dans notre stress, on a l’impression que le chemin pour en sortir, il va être interminable, que ça va être affreux, pas confortable. Et on est toutes les deux d’accord là dessus. Mais dans mon chemin, il y a eu des choses qui étaient plus faciles que ce que j’avais anticipé. Est-ce que toi tu as pu observer ça dans ton expérience de vie ?

V : Justement de me défaire de ce regard des autres. A partir du moment où le déclic est fait, c’est fou ce que c’est facile. À partir du moment où la décision est prise, où tu fais quand même quelques essais pour vérifier que ça n’a aucune conséquence, que tu peux être toi même, et que c’est pas grave et que tout le monde a ses bizarreries, neuroatypie ou pas. Et bien tout va bien. C’est finalement bien facile. Et c’est étonnant tu en fais des montagnes parce que ce besoin d’appartenance est tellement important et lié à la survie aussi. Donc il faut être absolument accepté et donc faire tout ce qu’il faut pour l’être. J’entends souvent cette image des personnages de séries télévisées. Ils ont tous leur particularité, ils font tous leurs propres bêtises et leurs trucs et tout le monde s’en fout. L’épisode d’après on recommence. Et c’est exactement comme ça dans la vie en fait. On ne s’en rend pas compte mais pendant des années, je me suis dit “J’aurais pas dû dire ça !” où “J’aurais dû dire ça !”. Aujourd’hui je ne m’endors plus jamais en pensant à des trucs que j’ai dit il y a trois mois parce que tout le monde a oublié en fait. Et ça une fois que c’est fait c’est facile, mais pour le faire, il y a tout un chemin.

LKL : J’allais te poser la question. Parce que souvent on me demande “Leïla, comment on fait pour s’en foutre du regard des autres ?” Et c’est un chemin qui est personnel à chacun. Il n’y a pas de recette sinon je vous l’aurais déjà donnée avec plaisir. Comment ça s’est passé pour toi ?

V : Ça a été petit à petit, expérimental. Ça a été, rencontrer quelques personnes avec qui je pouvais être moi même, et qui m’acceptaient comme ça. Ça a été très progressif, très lentement. J’ai dû expérimenter par moi-même, me rendre compte sur le terrain qu’en fait ce que je faisais, ou disais n’avait pas de conséquences néfastes sur le monde, que tout n’allait pas s’écrouler. Et que je continuais à faire partie intégrante de ce monde.

LKL : Qu’est-ce que tu voudrais dire aux Platipus stressés, anxieux, et peut être autistes aussi qui nous écoutent ?

V : C’est pas grave, tout va bien. La peur, le stress, l’anxiété, ce ne sont que des émotions comme la joie, la tristesse, le plaisir. Ce ne sont que des émotions, des signaux de quelque chose et c’est très personnel. Une autre personne face à la même situation va ressentir une autre émotion. C’est aussi le travail de relativité que l’on fait. C’est pas grave, ce n’est qu’une émotion.

LKL : On te retrouve où Virginie si on veut en savoir plus, si on veut être accompagné par toi, si on veut te poser des questions, ça se passe où ?

V : Il y a mon site internet www.andvirginie.com et je suis sur Instagram aussi @and_virginie. C’est comme ça que je me fais appeler un peu partout, sur facebook aussi.

LKL : On a fait un atelier avec Virginie aussi sur “Créer le courage de passer à l’action”. Cet atelier il est toujours en vente et si tu veux trouver le courage de passer à l’action, on va te mettre le lien juste en bas, dans les informations du podcast. Merci Virginie d’etre venue. 

V : Merci Leïla, c’était chouette !

LKL : Merci d’avoir écouté cet épisode jusqu’au bout. Si tu veux être accompagné.e à accepter ta différence et trouver ta mission de vie, je propose un accompagnement individuel. Si tu as aimé cet épisode, laisse une bonne note ou un commentaire sur la plateforme de ton choix et abonne toi. Force et amour à toi.


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