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Episode 9 : « Ta vie avec » La créativité pour faire face

Episode 9 : « Ta vie avec » La créativité pour faire face

Bienvenue dans « Ta vie avec »

Le podcast où on parle de différence. Aujourd’hui, on parle de la créativité pour faire face avec Marie du compte instagram @spoonieandme

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Retranscription Épisode 9


Bon matin et bienvenue dans Ta vie avec, le podcast où on échange sur nos différences. Je suis Leïla Kadi Louche, coach de vie certifiée et accompagnatrice au changement. Aujourd’hui, on se retrouve pour l’épisode 9 où on va parler de la créativité pour faire face avec Marie du compte instagram @spoonieandme.

LKL : Coucou Marie !

M : Coucou Leïla !

LKL : Est-ce que tu peux te présenter s’il te plait ?

M : Oui. Alors moi c’est Marie, du compte instagram @spoonieandme donc je suis illustratrice et auteure et sur mon compte instagram, je dessine sur le thème de mon quotidien depuis que j’ai été diagnostiquée malade chronique en fait.

LKL : Et tu es aussi illustratrice de mon entreprise.

M : Oui tout à fait.

LKL : Aujourd’hui, je t’ai invitée pour qu’on parle de la créativité pour faire face, puisque la créativité elle fait partie de ta vie, et comme tu as été formée pour ce métier là d’illustratrice, je voulais avoir ton avis et ton retour sur plusieurs choses. J’aimerai bien savoir quel est ton rapport à l’art et, si tu peux nous expliquer ton rapport à l’art avant la maladie et maintenant avec la maladie.

M : Ok. Donc l’Art c’est vrai que c’est assez vaste, il y a beaucoup de choses qui me touchent dans l’Art. Comme la musique, j’écoute beaucoup de musique, je fais un peu de musique mais je pense que pour le podcast on va un peu rester centrées sur ce qui est illustration et écriture, puisque c’est ce que moi j’utilise pour le compte instagram et ce que j’utilise le plus souvent tout court donc c’est ce que je connais le mieux. Donc, avant de tomber malade, j’étais illustratrice, du coup comme tu l’as dit. Je travaillais pour les éditeurs, on me passait des commandes et puis c’était souvent très très spécifique. J’étais dirigée et puis moi je me sentais un peu limitée au niveau artistique. Je n’avais pas trop de place pour tout ce qui était imagination. Et c’est vrai que la plupart du temps, je me sentais plutôt comme une exécutante et pas vraiment comme une artiste.

LKL : Ca me fait penser un peu à un mode usine ce que tu décris là.

M : Oui c’est tout à fait ça. En plus il fallait une production, enfin moi comme je travaillais en tout cas, il fallait que je sois très rapide, il fallait qu’il y ait beaucoup de production. C’était presque la quantité qui primait face à la qualité. Enfin il fallait que ce soit joli, bien sûr. Mais c’est vrai qu’on n’avait pas beaucoup le temps de réfléchir, le temps d’aller profondément dans ce qu’on voulait exprimer. C’est vrai que parfois on n’avait même pas  la possibilité de le faire. On nous expliquait qu’il fallait telle chose dans un carré de tant par tant de centimètres et puis voilà.   

LKL : Du coup ta créativité elle était bridée avant la maladie en fait.

M : Ouais, moi je me sentais un peu bridée en effet. Alors moi, je me suis diversifiée quand même un peu, juste un tout petit peu avant de tomber malade, j’ai commencé à faire de l’auto édition et à avoir un tout petit peu plus de liberté mais je n’ai pas vraiment pu explorer cette facette du métier parce que je suis tombée malade très vite à ce moment là. Mais je pense que c’est quelque chose qui me correspondait plus parce qu’il y avait plus de liberté, je pouvais dessiner comme je voulais, à la manière de ce que j’aimais. Mais j’ai été un peu coupée court là dedans, je n’ai pas pu explorer vraiment cette facette. Donc vraiment avant de tomber malade comme tu dis, c’était un côté un peu plus bridé avec beaucoup moins de liberté.

LKL : Maintenant ton rapport à l’Art il est comment du coup ?

M : Maintenant on peut dire qu’il est assez différent parce que ça m’a fait prendre conscience de pas mal de choses. Quand je suis tombée malade, il y a eu une période de réflexion par rapport à tout ça et en fait mon but premier maintenant c’est plutôt un but d’expression, c’est un but d’extériorisation. Je ne vais plus dessiner sans réfléchir, juste pour dessiner. Enfin ça m’arrive de temps en temps de dessiner comme ça, de faire quelques croquis, mais la plupart du temps je vais dessiner pour dire quelque chose et en général quelque chose qui me tient à coeur. Donc si c’est écrire d’ailleurs, ce sera exactement la même chose. Donc, je pense que c’est un rapport plus riche et surement beaucoup plus positif.

LKL : D’accord. Comment le processus créatif t’aide dans la maladie ?

M : Alors personnellement je pense que je vais me servir du processus créatif un peu comme une thérapie. Souvent je vais sentir que j’ai des émotions qui sont bloquées ou des sentiments négatifs que je n’arrive pas à gérer ou à digérer, du coup quand je sens que ces sentiments restent trop présents, je décide de dessiner ou d’écrire en fonction de la situation – mais souvent c’est plutôt dessiner – pour pouvoir sortir toutes ces émotions.

LKL : Tu écris aussi, tu as un projet de livre. Est ce que tu veux nous expliquer du coup ?

M : Oui c’est vrai que moi j’ai décidé d’écrire dernièrement. Ça a découlé un peu de ce qui se passait sur instagram, de ces vignettes que je faisais un peu pour exprimer ce que je ressentais. Et en fait le livre vient un peu en complément de tout ça mais d’une manière plus complète. Et donc ça va regrouper plusieurs choses. Ça va exprimer un peu tout ce que j’ai traversé par rapport à la maladie, à mon errance médicale. Ça va être plus narratif, plus explicatif, ça va aller plus profondément dans les choses. Parce que finalement quand je dessine une petite vignette, c’est vite réduit comme possibilités de s’exprimer même si ça me fait beaucoup de bien et que ça me permet d’extérioriser. Là, du coup, le livre ce sera vraiment un accomplissement par rapport à tout ce que j’ai vécu je pense. Bien sur dans le livre je mettrai aussi des illustrations parce que je ne peux pas faire ça sans dessin bien sur.

LKL : Le livre, j’ai l’impression qu’il va être plus intime peut être.

M : Oui tout à fait. C’est vrai qu’en général quand je suis tombée malade j’avais du mal à en parler, j’avais honte je pense. Je me disais, si j’en parle pas ça va peut être disparaître. Je pense qu’on est beaucoup à avoir pensé un petit peu comme ça. Et au fur et à mesure, il y a eu tout un processus, je pense le même processus dont tu parles dans ton podcast, le chemin d’acceptation, moi il y a eu tout un cheminement. Et puis j’ai accepté un peu tout ça et j’ai plus du tout honte de dire que je suis malade, j’ai plus du tout honte d’en parler. C’est ça aussi qui a fait que j’ai pu dessiner sur le thème. Parce que si on regarde au début sur mon compte c’était pas vraiment de la maladie que je parlais. Je parlais effectivement de mon quotidien, je partageais des produits, des recettes, mais je ne parlais pas des expériences que j’avais pu avoir avec les médecins, des échanges qui avaient pu me blesser avec les gens ou des phrases choc que j’avais entendu. Ça a beaucoup évolué. Et je pense que le livre, c’est un peu un accomplissement de tout ça parce que effectivement il parlera plus de choses personnelles, c’est sur.

LKL : J’ai une autre question sur, c’est comment, vivre de son Art ? Parce que c’est déjà compliqué pour une personne non malade de vivre de son Art et j’aimerai bien que tu nous explique comment c’est de vivre de son Art et de vivre de son art avec la maladie.

M : Alors vivre d’un métier artistique – en tout cas moi je vais parler de l’illustration parce que c’est ça que je connais et c’était mon travail avant de tomber malade alors c’est ce que je connais le mieux – c’était déjà compliqué de vivre de l’illustration quand j’étais en santé. Donc je pense que c’est très compliqué de vivre de l’art aujourd’hui pour tous les métiers artistiques je pense. Et on fait beaucoup d’heures – moi je faisais beaucoup d’heures, je déployais beaucoup d’énergie et pour beaucoup de métiers artistiques c’est ça. Donc être artiste, on est à son compte, quand on tombe malade, si on ne fait pas nos heures de travail, on n’a pas de salaire, c’est nous qui nous payons en fait. Donc quand on commence à manquer d’énergie, ça commence à se répercuter sur tout ça et ça devient compliqué. Donc être malade et artiste c’est très très compliqué. Et au début c’est très difficile à gérer. Il y a beaucoup de stress parce qu’on ne sait pas du tout comment gérer ça. Quand on est salarié, on nous propose un arrêt maladie et puis on a le temps de réfléchir un petit peu, de trouver des solutions, de se retourner. Là pour le coup, c’était pas du tout ça. Moi je me suis pas arrêtée du tout au début quand on m’a dit “il faudrait peut être vous arrêter” parce que je n’avais pas le choix. Donc il y a un stress qui est généré par tout ça, il y a surement un peu de culpabilité et puis je pense vraiment que ça complique vraiment la situation.

LKL : C’était très important pour moi qu’on en parle dans cet épisode parce que être malade chronique c’est déjà pas facile mais être malade chronique et indépendant avec un métier artistique je trouve que c’est une situation encore plus complexe pour le coup.

M : Oui et puis c’est un peu une fausse croyance des gens qui se disent que comme on est chez nous on peut travailler chez nous et c’est plus simple. Mais effectivement travailler chez soi c’est plus simple et c’est ce qui m’a permis de continuer à travailler un petit peu plus longtemps que la moyenne. Mais quand on est malade et qu’on est chez soi, c’est encore plus difficile parce qu’on y arrive pas et on sait qu’on aimerait le faire et qu’on devrait le faire mais on n’y arrive pas, ça ne marche pas. Donc c’est compliqué aussi moralement de gérer tout ça. Après, il y a des personnes qui sont plus ou moins malades qui arrivent à avoir une activité quand même réduite et qui peuvent la faire de chez eux, et ça pour le coup ça peut être un avantage par contre.

LKL : Qu’est-ce que toi tu peux conseiller aux personnes qui pensent qu’elles ne sont pas créatives ou qui ne voient pas comment la créativité peut les aider avec leur handicap ou la maladie ?

M : Alors moi ce que je dirais à ces personnes c’est que mon expérience, là dernièrement, ce qu’elle m’a amenée à comprendre, c’est que le plus important c’était d’extérioriser en fait, peu importe la manière, il y en a plein. Ces gens là ils trouveront forcément quelque chose qui peut convenir. Maintenant on peut faire plein de choses au niveau artistique sans avoir vraiment de formation, de don comme certaines personnes pourraient dire. Il y a des coloriages maintenant qui sont très sympa. J’ai vu qu’on pouvait faire de la musique via son smartphone donc ça sans connaître les notes et tout ça. Moi je les encouragerais aussi à écrire parce que c’est quelque chose que je ne faisais pas et je pense qu’écrire c’est vraiment à la portée de tout le monde. Ça permet vraiment de pouvoir retranscrire ce qu’on ressent, d’extérioriser pas mal de choses et c’est vraiment à la portée de pas mal de personnes. Et si ces personnes là elles ont besoin de s’exprimer ou de communiquer des choses, je pense qu’il y a toujours un moyen de le faire. C’est certain, il faut juste qu’elles trouvent celui qui leur est adapté en fait.

LKL : Je voudrais finir sur ça, sur vraiment trouver ce qui est adapté pour vous, pour exprimer votre créativité. Et il n’y a pas de légitimité dans la créativité.

M : Non, tout à fait, je suis d’accord. C’est certain. 

LKL : C’est quoi tes projets toi, pour la suite du coup ?

M : Mes projets, hormis aller mieux, c’est le livre, avancer le livre, terminer le livre. Pouvoir terminer ce projet de carnet de route où je pourrais vraiment mêler les explications, parler de l’errance médicale, parler de tout ça qui n’est pas forcément très drôle et amener aussi un côté ludique avec des astuces, avec des recettes, avec des dessins pour pouvoir peut être partager avec des gens ce projet si ça leur parle et si ça peut les aider. Ce serait super.

LKL : Je suis sûre que ça va parler à plein de personnes et que ça va être super chouette.

M : Merci.

LKL : Ou est-ce qu’on peut te retrouver Marie si on veut voir tes illustrations et ton travail ?

M : Alors si vous voulez voir mes dessins c’est sur mon compte instagram @spoonieandme.

LKL : Je mettrais le lien dans la barre d’information.

M : Merci

LKL : Merci Marie.

M : Merci à toi de m’avoir invitée. 

LKL: Avec grand plaisir.

Merci à toi aussi d’avoir écouté cet épisode jusqu’au bout. Si tu veux être accompagné à accepter ta différence et trouver ta mission de vie, je propose un accompagnement individuel. Si tu as aimé cet épisode, laisse une bonne note sur la plateforme de ton choix ou un commentaire pour m’aider à le faire connaître. Force et amour à toi.


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